Du 9 au 13 juin 2025, l’Université de Ngaoundéré s’affirme comme un centre d’excellence intellectuelle et un carrefour de réflexion juridique en Afrique francophone. À travers un atelier international de recherche sur l’acculturation juridique, l’institution ouvre un espace de dialogue scientifique inédit, réunissant des experts venus du Cameroun, du Canada, de France, du Gabon, du Luxembourg et du Mali. Cette initiative s’inscrit dans une volonté partagée de repenser les fondements du droit civil dans les sociétés postcoloniales, à l’aune des réalités culturelles africaines.
Une Ouverture Solennelle, une Vision Engagée

Présidée par le Professeur MAMOUDOU ABDOULMOUMINI, Recteur de l’Université de Ngaoundéré, la cérémonie d’ouverture s’est tenue dans un climat de solennité et d’engagement académique. Le président de la Cour d’appel de l’Adamaoua, le Procureur général, ainsi que de nombreuses figures du monde universitaire et judiciaire ont marqué de leur présence cette rencontre stratégique.
Dans son discours, le Recteur a salué la pertinence de ce cadre d’échange qui « propose des pistes de solutions aux défis de l’acculturation juridique auxquels font face les États ». À ses yeux, cette rencontre dépasse le simple débat théorique ; elle répond à une urgence : reconnecter les systèmes juridiques en vigueur aux valeurs, traditions et enjeux socio-économiques locaux.
Pour une Décolonialité du Droit
Le Professeur Janvier ONANA, Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), a quant à lui développé la nécessité de rompre avec le mimétisme hérité des anciens cadres coloniaux. Il prône une décolonialité du droit, entendue comme une démarche pour « desserrer l’étau sur le droit, endogénéiser le droit, éviter le mimétisme juridique, baliser le champ juridique pour prendre en compte le contexte, la culture et les réalités locales ».
Ce repositionnement intellectuel est un appel à forger un droit enraciné, résolument tourné vers les besoins des populations africaines. Loin des carcans importés, cette approche vise une justice contextualisée, fonctionnelle et culturellement légitime.

Une Coopération Scientifique Internationale Fructueuse
Le Professeur André BELANGER, de l’Université d’Ottawa (Canada), co-animateur de cette rencontre, a présenté les contours méthodologiques du projet. Il a insisté sur la dimension heuristique de la recherche engagée, orientée vers des réponses pratiques aux difficultés rencontrées par les chercheurs, étudiants et praticiens du droit. Il s’agit non seulement d’élaborer de nouveaux modèles juridiques, mais aussi de construire des passerelles entre universités francophones pour une coopération durable et innovante.
Au-delà de son aspect académique, l’atelier s’inscrit dans une dynamique de développement durable. Il témoigne de l’ambition de l’Université de Ngaoundéré de contribuer activement à la transformation sociale et institutionnelle du Cameroun et de l’Afrique francophone, conformément à la vision du Recteur qui entend « transformer la société par l’innovation continue à travers la formation, la recherche, la créativité et l’entrepreneuriat ».
Un Tournant Juridique et Académique pour le Cameroun
En accueillant cette initiative d’envergure, l’Université de Ngaoundéré confirme son rôle de leader dans la réforme des savoirs et la promotion d’un droit plus proche des peuples. L’atelier sur l’acculturation juridique n’est pas seulement une rencontre scientifique : c’est une déclaration d’intention forte sur l’avenir du droit africain, qui devra désormais composer avec son héritage tout en affirmant ses propres normes.




