
La 63 ème édition de la Journée de la Femme Africaine (JFA), célébrée le 1er août 2025, a pris une dimension particulière cette année à Kékem. Sous la présidence de Madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, l’événement a mis en lumière un thème central : « Faire avancer la justice sociale et économique pour les femmes africaines à travers les réparations ».

Un Appel à la Mobilisation Collective
La cérémonie officielle, qui s’est tenue à la place des fêtes de l’arrondissement de Kékem, a été un moment fort de réflexion et de célébration. Le thème, choisi par l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF), fait écho au thème annuel de l’Union Africaine, soulignant l’importance de corriger les injustices structurelles subies par les femmes, héritées de l’histoire, mais aussi des systèmes d’exploitation économique actuels.
Dans son discours, la Ministre Abena Ondoa a insisté sur le rôle crucial des politiques publiques pour améliorer les conditions de vie des femmes. Elle a appelé à une mobilisation collective de toutes les parties prenantes – administrations, organisations de la société civile, leaders traditionnels et religieux – pour construire une société plus juste et équitable. Les « réparations », a-t-elle précisé, ne se limitent pas à une compensation financière, mais représentent un processus de transformation profonde visant à restaurer la dignité humaine, à corriger les inégalités et à garantir une gouvernance sensible au genre.

Des Célébrations et des Actes Forts
La journée a été marquée par plusieurs événements symboliques. Parmi eux, une cérémonie de mariages collectifs a eu lieu, avec la remise d’actes de mariage à des couples septuagénaires polygames par la Ministre elle-même. Un geste qui souligne la diversité des structures familiales et la reconnaissance de toutes les femmes.
De plus, la représentante résidente d’ONU FEMMES a symboliquement remis les clés du Centre de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) de Kékem à l’État du Cameroun. Ce centre, fruit d’un financement du Japon et d’une maîtrise d’ouvrage conjointe d’ONU FEMMES et du PNUD, a été construit en seulement cinq mois. Sa rétrocession à l’État marque une étape cruciale pour l’autonomisation des femmes locales, offrant un lieu dédié à leur développement. La Ministre a d’ailleurs procédé à la découverte de la plaque commémorative et a visité les installations, saluant l’efficacité du projet.
Sensibilisation et Hommage aux Femmes
Pour rendre le thème accessible à tous, des explications simplifiées ont été faites dans les langues locales. Narcisse Ngouassa, notable à la chefferie supérieure de Kékem, a présenté le thème en langue Mboo, tandis que Madame Kadji Caroline, Déléguée Départementale du MINPROFF, l’a expliqué en Fèfè.

La Ministre Abena Ondoa a rendu un hommage vibrant à toutes les femmes africaines, et en particulier aux Camerounaises, pour leur contribution inlassable à la construction d’une société plus inclusive et économiquement juste. Cette commémoration est une occasion unique de faire le point sur les progrès réalisés, d’identifier les défis persistants et de sensibiliser l’opinion publique à l’urgence de l’égalité de genre.

La Journée de la Femme Africaine, portée par l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF) – un mouvement essentiel dans la lutte pour l’émancipation et la décolonisation de l’Afrique – continue de rappeler le rôle déterminant des femmes dans le développement durable du continent. Le Cameroun, à travers cette célébration, réaffirme son engagement à bâtir un avenir où chaque femme est une actrice à part entière de la justice sociale et du progrès économique.

GAËL TSALA NKOLO



