Ngong, Bastion de la Paix : Le Dialogue comme Antidote à la Tension Post-Électorale dans le Nord-Cameroun

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La période post-électorale au Cameroun met à l’épreuve la résilience du tissu social, particulièrement dans la région du Nord. Face à la tragédie survenue à Garoua, où une enseignante innocente a perdu la vie lors de manifestations, un discours de calme et de légalité émerge avec force, notamment de l’arrondissement de Tcheboa. Au cœur de cette stratégie de désescalade, la Commune de Ngong se positionne en véritable laboratoire de la Paix par la Négociation et l’Adhésion Citoyenne, sous l’impulsion déterminante de son maire.

Le Maire de la commune de Ngong .

La Loi pour Boussole, la Paix pour Socle : L’Impératif de Ngong

Dans un contexte national lourd de l’attente des résultats officiels, les autorités de Ngong ont érigé le respect de l’État de droit et la non-violence en principes non négociables. Le sous-préfet, Jean Diallo, a rappelé avec fermeté la primauté du Conseil Constitutionnel dans la proclamation des résultats, cherchant à déminer le terrain des rumeurs et des « mauvaises langues ». Ce rappel à l’ordre légal est le premier pilier de la stratégie de paix : ramener le débat des rues vers les institutions légitimes.

Cependant, c’est l’appel à la responsabilité individuelle et collective qui constitue l’élément le plus puissant de ce plaidoyer pour la paix. M. Diallo a exhorté les citoyens à demeurer dans leur rôle social après l’annonce des résultats – « vous êtes cultivateurs, restez cultivateur. Vous êtes commerçant, restez commerçant » – un message qui vise à désarmer l’identification partisane au profit de l’identité professionnelle et citoyenne.


Le Maire de Ngong, Artisan du Consensus

L’effort de négociation et de sensibilisation pour la paix trouve son ancrage le plus tangible dans l’engagement du maire, Hamadou Ahiwa. Son action n’est pas celle d’une simple exécution de directives administratives, mais celle d’une médiation de proximité.

Le Maire Hamadou Ahiwa a adressé un appel direct et mobilisateur, transformant chaque citoyen en acteur de la tranquillité publique : « Je vous exhorte à être les artisans de la paix, sensibilisons nos enfants, nos frères et sœurs, nos voisins à s’abstenir de tous désordres ». Cette formulation est cruciale pour le journalisme de paix. Elle ne se contente pas d’interdire les troubles, mais responsabilise la communauté en l’invitant à l’action préventive et pédagogique.

Cette approche, qui repose sur la confiance locale, est renforcée par l’adhésion des leaders communautaires. Mme Mélé Yano Marie, chef du Quartier Moundang, a insisté sur la nécessité de « rester dans le calme quelque soit la provocation », soulignant l’importance du contrôle parental comme première ligne de défense contre la violence juvénile. De même, Hamadou Hamidou, Chef de 3ème degré, a synthétisé l’aspiration populaire : « Tout ce qu’on veut au Cameroun c’est la paix et rien que la paix », invoquant les bénéfices concrets de la stabilité (éducation, santé, eau potable) pour justifier le refus du désordre.

L’effort du maire de Ngong est une négociation de la paix au quotidien, une diplomatie locale qui privilégie le dialogue intergénérationnel et l’invocation des acquis sociaux sur l’antagonisme politique.


Leçon de Garoua et Responsabilité Collective

Pendant que Ngong réaffirme son « socle de paix », la ville de Garoua est confrontée à la dure réalité du prix de la contestation. Le décès tragique de Mme Zouhaira, enseignante dévouée, rappelle que le droit de manifester ne doit jamais s’exercer au péril de la vie innocente, et que la gestion des foules requiert une retenue absolue. Les mesures de sécurité immédiates prises par le Préfet de la Bénoué, comme l’interdiction de circulation des motocycles de nuit, témoignent de la fragilité de la situation.

L’incident de Garoua amplifie l’urgence du message de Ngong. Il ne s’agit plus seulement de politique, mais de sécurité humaine. Le plaidoyer pour la paix ne peut être efficace que s’il est soutenu par des actes de gouvernance locale et nationale qui garantissent la sécurité de tous. La démarche du maire Ahiwa, en obtenant l’adhésion des leaders traditionnels et des parents, montre que la prévention des conflits passe par la valorisation des structures de régulation sociale endogènes.

Mme. Mélé Yano Marie,chef du Quartier Moundang à Ngong.

Ngong offre un modèle où la légalité et la cohésion nationale sont défendues par un leadership qui privilégie la sensibilisation et la négociation citoyenne sur la seule force de l’ordre. Le rôle du maire Hamadou Ahiwa, en mobilisant la communauté autour des bénéfices tangibles de la paix, illustre une voie possible pour le Cameroun : celle où la démocratie post-électorale s’appuie non pas sur la division, mais sur la responsabilité partagée de préserver la vie et la stabilité.Ngong s’affirme ainsi comme un modèle de “diplomatie de proximité” visant à désamorcer les tensions par le dialogue et l’adhésion citoyenne, illustrant une gestion de crise où le consensus prime sur l’affrontement.

GAËL TSALA NKOLO