Un partenariat stratégique pour l’identité juridique : le MINPROFF salue l’ACAFEJ dans le projet État Civil de l’OIF

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Le droit fondamental à l’identité juridique pour les populations les plus vulnérables est au cœur d’une nouvelle initiative majeure au Cameroun. La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Marie Thérèse Abena Ondoa née Obama, a chaleureusement félicité l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ) pour son succès à l’appel à projets de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) visant au renforcement du système d’état civil national.

L’annonce a été faite ce mercredi 26 novembre 2025, lors d’une audience solennelle à la Salle des conférences du MINPROFF. La Ministre a reçu Yvonne Akoa, Présidente Nationale de l’ACAFEJ, accompagnée d’une représentante de l’OIF, marquant le lancement d’un partenariat institutionnel crucial.

L’enjeu de l’État Civil pour les Déplacés Internes


Le projet, porté par l’ACAFEJ, se focalisera initialement sur la délivrance d’actes de naissance aux personnes déplacées internes (PDI), un groupe particulièrement touché par la perte ou l’absence de documents d’identité légale suite aux crises.

Mme Yvonne Akoa, Présidente de l’ACAFEJ, a précisé les modalités juridiques d’exécution du projet, qui doit démarrer dès le mois de décembre 2025. Contrairement aux habituelles audiences foraines, l’initiative s’appuiera de manière novatrice sur des dispositions récentes du droit camerounais :

« Notre projet s’adosse sur la loi du 23 décembre 2024 portant enregistrement des actes d’état civil. Nous allons requérir, sur la base des articles 56 et 57, les officiers d’état civil des lieux de survenance de l’événement malheureux ou ceux du lieu d’accueil du déplacé interne, ainsi que le Procureur de la République, pour établir des actes de naissance hors délais ou procéder à la reconstitution des actes. »

Cette approche légale et structurée vise à garantir la pérennité et la reconnaissance des actes délivrés.

L’OIF, un soutien de longue date


Le projet « état civil » de l’OIF est un programme phare, mené depuis 2020, avec l’objectif ambitieux d’assurer l’enregistrement d’au moins 500 000 actes de naissance dans l’espace francophone d’ici 2027.

Mme Dongmo Stéphanie, Experte en État civil auprès de l’OIF, a rappelé le contexte de cet appui :

« L’OIF appuie le Cameroun depuis 2024. L’année dernière, nous avons travaillé avec le BUNEC [Bureau National de l’État Civil] dans l’Extrême-Nord. Cette année, nous avons élargi cet appui en lançant un appel à projets en direction des organisations de la société civile, ce qui a permis de retenir quatre organisations, dont l’ACAFEJ. »

Le rôle de l’association sera multiple : sensibilisation, formation des acteurs de l’état civil, et reconstitution des actes pour les enfants sans identité légale. Le projet comporte également un volet de réflexion sur les réformes du système national.

Le MINPROFF, un partenaire institutionnel essentiel


La Ministre Marie Thérèse Abena Ondoa a insisté sur l’importance du soutien institutionnel de son département pour maximiser l’impact du projet :

« L’ACAFEJ a été retenue par le projet de l’OIF pour participer à l’établissement des actes de naissance, en commençant par les déplacés internes. Compte tenu des activités que le Ministère mène depuis 2020 avec les communes, l’ACAFEJ s’est rapprochée de nous pour solliciter un soutien institutionnel, notamment dans le cadre de la sensibilisation. C’est à ce titre que nous les avons reçues. »

En s’associant à l’expertise juridique de l’ACAFEJ et à l’appui international de l’OIF, le MINPROFF réaffirme son engagement en faveur de l’autonomisation juridique des femmes et de la protection des familles. Ce partenariat stratégique est perçu comme un levier puissant pour combler le déficit d’identité légale, étape indispensable pour l’accès aux droits fondamentaux, à l’éducation, et aux services sociaux pour des milliers de Camerounais vulnérables.

L’initiative de l’ACAFEJ est un signal fort de la société civile camerounaise dans la construction d’un système d’état civil plus inclusif et résilient.

GAËL TSALA NKOLO