Inclusion économique : le programme CPA passe à la vitesse supérieure à Garoua

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Le dispositif de soutien à l’entrepreneuriat jeune franchit une étape décisive dans la région du Nord. Sous la présidence du Secrétaire Général des services du Gouverneur, la réunion technique de présentation et de mise en place des comités de sélection des bénéficiaires du programme « Concours de plans d’affaires » (CPA) s’est tenue le mardi 10 février 2026.

Cette rencontre marque le lancement opérationnel de la phase II du volet entrepreneuriat du Projet Filets Sociaux Adaptatifs et d’Inclusion Économique (PFS-AIE). Co-financé par le gouvernement camerounais et la Banque mondiale, ce mécanisme vise à identifier et à accompagner 1 000 jeunes promoteurs, âgés de 18 à 35 ans, répartis dans six pôles urbains majeurs : Yaoundé, Douala, Maroua, Garoua, Buea et Bamenda.

Un levier financier pour les PME en croissance

Le programme cible spécifiquement les petites et moyennes entreprises, qu’elles relèvent du secteur formel ou informel. Pour prétendre à l’appui, les structures doivent justifier d’une existence comprise entre un et trois ans et démontrer un réel potentiel de croissance.

L’enjeu est de transformer des initiatives de démarrage en unités économiques structurées. À cet effet, les lauréats bénéficieront de subventions allant de 5 millions à 10 millions de FCFA, un apport en capital destiné à franchir les paliers critiques du financement et de l’organisation interne.

Une architecture financière renforcée

L’extension de ce programme s’appuie sur une assise budgétaire consolidée. À la suite des inondations ayant frappé l’Extrême-Nord en 2024, la Banque mondiale a validé un financement additionnel de 20 milliards de FCFA. Cette injection porte l’enveloppe globale du projet à environ 166 milliards de FCFA, dont 112 milliards issus de l’institution de Bretton Woods et 54 milliards de l’État du Cameroun. Pour l’exercice 2026, le budget de fonctionnement du projet a été arrêté à près de 41 milliards de FCFA.

Rigueur statistique et ciblage social

Parallèlement au soutien entrepreneurial, le PFS-AIE poursuit sa mission de protection sociale. Un protocole d’accord signé entre l’Institut National de la Statistique (INS) et l’unité de gestion du projet permet d’affiner le ciblage des populations vulnérables.

Grâce aux données de l’Enquête sur les conditions de vie des ménages (ECVM), 10 500 nouveaux foyers seront intégrés au 8ᵉ cycle des transferts monétaires ordinaires. Cette collaboration entre Joseph Tedou (INS) et Michelin Njoh (PFS-AIE) garantit une transparence accrue dans la sélection des bénéficiaires, reposant sur une cartographie précise de la précarité.

Un modèle de résilience multidimensionnel

Depuis sa création en 2013, le programme des filets sociaux a vu son champ d’action s’élargir considérablement, passant de 2 000 à 385 500 ménages impactés. Le dispositif actuel repose sur cinq piliers stratégiques :

Transferts monétaires ordinaires pour la consommation de base.

Aides d’urgence face aux chocs climatiques et aux déplacements de populations.

Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (HIMO).

Appui au secteur informel urbain.

Financement des plans d’affaires pour l’insertion économique durable.

En articulant aide directe et promotion de l’auto-emploi, le Cameroun densifie son filet de sécurité sociale tout en pariant sur le dynamisme de sa jeunesse urbaine pour stimuler la croissance locale.

GAËL TSALA NKOLO