Entre héritage sylvicole et ambitions agropastorales, la commune de Dimako amorce une mutation stratégique au cœur du Haut-Nyong. Portée par une volonté de diversification économique et la modernisation de son cadre institutionnel — illustrée par l’inauguration récente de son nouvel hôtel de ville —, la cité forestière s’affranchit de son statut de simple zone de transit pour s’imposer comme un pôle de développement durable et un acteur majeur de la décentralisation dans la région de l’Est.

À vingt-six kilomètres de Bertoua, la commune de Dimako s’affranchit de sa fonction historique de simple carrefour. Forte d’un passé industriel et de nouvelles ambitions agropastorales, cette localité de la région de l’Est opère une mutation stratégique afin de s’imposer comme un pôle économique majeur du département du Haut-Nyong.

De l’héritage sylvicole à la diversification
Longtemps portée par l’activité de la Société Forestière et Industrielle de la Doumé (SFID), Dimako a bâti son identité sur l’exploitation du bois. Si l’époque de la grande industrie a cédé la place à une activité plus morcelée, la cité conserve son tempérament laborieux. L’enjeu actuel pour l’exécutif municipal consiste à transformer ce patrimoine en un levier de croissance durable.
Grâce à des terres d’une fertilité exceptionnelle, la commune mise sur la polyculture. Le cacao et le café demeurent les piliers de l’économie locale, mais l’émergence d’unités de transformation change la donne. « L’impératif réside désormais dans la création de valeur ajoutée », souligne un acteur du secteur. Le manioc, la banane-plantain et l’arachide approvisionnent quotidiennement les marchés de Bertoua et de Yaoundé, confirmant le rôle de grenier régional de la localité.

Défis structurels et renouveau urbain
En dépit d’atouts géographiques réels, notamment sa position sur la Route Nationale n°10, des obstacles persistent. L’enclavement de certains bassins de production et l’accès précaire à l’eau potable dans les zones périphériques limitent encore le plein déploiement du potentiel communal.
Cependant, les investissements récents dans les infrastructures témoignent d’une réelle volonté de modernisation. Berceau de hautes personnalités de la République, Dimako attire des investisseurs séduits par cette « Afrique en miniature ». Le Plan Communal de Développement (PCD) définit une trajectoire claire axée sur l’éducation, la santé et l’autonomisation de la jeunesse.

Un nouvel Hôtel de Ville : Symbole de la décentralisation
L’inauguration du nouvel Hôtel de Ville, présidée par le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local, marque l’aboutissement d’un projet prioritaire porté par le Maire Yves Tokambou Nteme depuis 2020.
Financé avec le concours du FEICOM, cet édifice de trois niveaux centralise les services municipaux dans un cadre fonctionnel. Outre les bureaux et le cabinet de l’édile, le bâtiment dispose d’une salle des actes de 200 places et de dispositifs logistiques modernes. L’aménagement extérieur — parkings, espaces végétalisés et sécurisation — s’accompagne d’un forage solaire, garantissant l’autonomie énergétique et hydraulique de la structure.

Cette réalisation s’inscrit dans l’Objectif de Développement Durable n°11, visant la création de cités inclusives et résilientes. Elle illustre l’engagement des Collectivités Territoriales Décentralisées à professionnaliser le service public. Au-delà du prestige architectural, ce bâtiment incarne la promesse d’une ville qui ne se traverse plus, mais qui s’habite et se construit.
GAËL TSALA NKOLO




