Au cœur de la Foire Économique des Manufacturières et Innovatrices Africaines (FEMINA) 2026 à Garoua, l’entrepreneuriat jeune s’affirme comme un levier de résilience face à la saturation du marché de l’emploi. Parmi les figures émergentes, Samira, étudiante de 23 ans, se distingue par une démarche alliant savoir-faire artisanal et pragmatisme économique. À travers la confection manuelle d’accessoires de mode et d’objets de décoration, elle interroge la place de l’artisanat local dans les habitudes de consommation nationales et plaide pour une meilleure valorisation des produits manufacturés au Cameroun.

Dans l’effervescence du Stade Omnisports de Garoua, où se déploie la Foire Économique des Manufacturières et Innovatrices Africaines (FEMINA), l’artisanat de précision trouve une ambassadrice de choix en la personne de Samira. À 23 ans, cette étudiante incarne une génération de jeunes Camerounais qui refusent l’attentisme pour embrasser les défis de l’auto-emploi.

Le stand de Samira se distingue par une esthétique de la minutie. Ici, le travail manuel est érigé en principe cardinal : sacs en perles finement assemblés, pots de fleurs stylisés et babouches revisitées composent une collection dont l’essentiel de la production s’effectue sur commande. Pour la jeune entrepreneure, l’engagement dans cette voie répond à un impératif de résilience face aux réalités d’un marché de l’emploi saturé. Sa philosophie est claire : l’autonomie financière ne doit plus dépendre exclusivement du soutien familial ou institutionnel, mais d’une capacité à transformer une passion en activité génératrice de revenus.

Toutefois, le parcours de cette artisane n’est pas exempt de réflexions critiques sur l’écosystème local. Samira déplore notamment un déficit de valorisation des produits manufacturés au niveau national. Selon ses analyses, ces créations, qui bénéficient d’une reconnaissance et d’une plus-value supérieures hors de nos frontières, peinent encore à trouver leur juste place dans les habitudes de consommation locales.

Dès lors, des plateformes d’exposition comme le FEMINA s’avèrent indispensables. Elles offrent une visibilité vitale et permettent de compenser la complexité des circuits de distribution habituels. Déterminée à faire carrière dans ce secteur, Samira continue de proposer ses services au public de Garoua et au-delà, assurant des livraisons sur l’ensemble du territoire pour les commandes passées via ses contacts officiels.
GAËL TSALA NKOLO




