Dans les salons de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), l’économie camerounaise a franchi, ce mardi 5 mai 2026, une étape charnière de son déploiement industriel. Le paraphe d’une convention de 120 milliards de FCFA dédiée au projet CSTAR Refinery marque la naissance d’un pilier de la résilience énergétique nationale.

Un montage financier d’envergure
Ce financement de 120 milliards de FCFA, structuré par BGFIBank Cameroun sous la direction de M. Abakal Mahamat, mobilise un pool bancaire de référence incluant Afriland First Bank, CCA-Bank, SCB Cameroun et la BICEC. Cette levée de fonds représente la quote-part de la SNH dans ce projet d’envergure mené en partenariat avec Ariana Energy. L’adhésion de ces institutions financières de premier plan souligne non seulement la viabilité technique du projet CSTAR, mais confirme surtout la solidité de la signature de la SNH, dirigée par M. Adolphe Moudiki.

L’agilité modulaire au service de l’urgence énergétique
Le choix de la technologie de « raffinerie modulaire » constitue le pivot de cette stratégie. Contrairement aux structures conventionnelles lourdes, ces unités offrent une rapidité d’installation permettant un démarrage de la production dès décembre 2026, avec un volume initial de 10 000 barils par jour. La montée en puissance est déjà programmée pour atteindre 30 000 barils quotidiens à l’horizon 2028. En complément, la SNH sécurise l’infrastructure en finançant intégralement, sur fonds propres, le dépôt de stockage (Tank Farm).

Des retombées macroéconomiques structurelles
Au-delà de l’infrastructure, c’est une véritable cure d’austérité sur les sorties de devises qui s’annonce. Le projet CSTAR devrait permettre au Trésor public d’économiser environ un milliard de dollars US (580 milliards de FCFA) chaque année. En couvrant localement 30 % de la consommation nationale, le Cameroun réduit sa dépendance aux importations et se positionne comme un exportateur net de carburant marin, avec des recettes projetées à 250 milliards de FCFA par an.

L’impact social : Vers une stabilisation du marché intérieur
Pour le citoyen, cette souveraineté retrouvée se traduit par une sécurité d’approvisionnement accrue. En atténuant l’exposition aux chocs des cours mondiaux et aux coûts logistiques internationaux, la production locale offre un levier de stabilisation des prix à la pompe et du gaz domestique. Ce pôle industriel devient, de fait, un moteur de croissance locale par la création d’emplois spécialisés dans la maintenance, la logistique et les services.
Cet accord, qui intervient six mois après la convention-cadre, transcende le simple flux financier. Il illustre une ambition politique : transformer les ressources naturelles sur le sol camerounais pour bâtir une autonomie énergétique durable, gage indispensable de l’émergence économique du pays.
GAËL TSALA NKOLO




