JIF 2026 : LA FAMILLE FACE AU MIROIR DE SES FRACTURES

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Le 7 mai 2026, Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, a lancé les activités commémoratives de la 32e édition de la Journée internationale de la famille. Dans un discours de rupture, le membre du gouvernement a dressé un état des lieux sans concession de la cellule familiale camerounaise face aux inégalités croissantes.

L’adresse solennelle de Marie-Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, le 7 mai à Yaoundé, va bien au-delà de la simple formalité administrative. À l’approche de la 32e édition de la Journée internationale de la famille, le diagnostic posé par le membre du gouvernement agit comme un miroir tendu aux évolutions du corps social camerounais. Sous le thème « Familles, inégalités et bien-être de l’enfant », le discours officiel s’est écarté des convenances pour affronter une réalité complexe : celle d’une institution pivot aujourd’hui bousculée par des vents contraires.

Un diagnostic sans concession

La famille n’est plus ce havre immuable que l’on se plaît à idéaliser. Entre l’urbanisation rapide, les flux migratoires et l’érosion des solidarités traditionnelles, elle subit des métamorphoses qui laissent parfois les plus vulnérables sans protection. La ministre a précisément souligné ces phénomènes sociaux émergents qui fragilisent la trame domestique : violences intrafamiliales, mariages précoces et recrudescence de drames au sein même de la cellule parentale. Ces dérives constituent le symptôme d’une désagrégation qui menace le premier rempart de l’enfant.

Une mobilisation pour la parentalité positive

L’appel de Yaoundé se veut une impulsion vers l’action. L’accent mis sur la « parentalité positive » et le renforcement des dispositifs de protection sociale indique une direction claire. Si l’État réaffirme sa fonction de régulateur à travers le cadre juridique et des services tels que la ligne verte « 116 », l’action publique ne saurait occulter la responsabilité individuelle. La stabilité d’une nation se mesure à la solidité de ses foyers ; réduire les inégalités d’accès à l’éducation, à la santé et à la justice est une nécessité pour préserver l’avenir de la jeunesse.

Un cadre de réflexion global

Instituée en 1993 par les Nations unies, cette journée du 15 mai offre une plateforme pour évaluer les politiques publiques en faveur des familles. Au Cameroun, cette commémoration s’inscrit dans une logique d’alignement avec les Objectifs de Développement Durable (ODD). La famille y est reconnue comme un levier essentiel de l’éducation et de la cohésion nationale.

Le défi de cette édition 2026 consiste à transformer les déclarations d’intention en une pratique quotidienne. L’objectif demeure de garantir à chaque enfant, indépendamment de son origine, un environnement régi par la sécurité et la dignité. « Agissons ensemble, restons engagés » : au-delà de la formule, c’est une exigence de cohérence qui est ici formulée face aux risques d’anomie sociale.

GAËL TSALA NKOLO