Yaoundé : Un mariage collectif place la famille au cœur de la cohésion sociale

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À l’occasion de la 32e Journée internationale de la famille, la paroisse EPC Adna de Yaoundé a été le théâtre d’une célébration d’envergure. Plus d’une centaine de couples ont régularisé leur union lors d’une cérémonie solennelle, marquant le lancement des activités officielles sous l’égide du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille.

Le cadre sacré de la paroisse Adna a servi de témoin, ce week-end, à un engagement civil et spirituel massif. Organisé par l’Institut TYRANNUS avec le concours du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), ce mariage collectif a réuni plus de 6 000 convives, illustrant la volonté des autorités et de la société civile de stabiliser les cellules familiales au Cameroun.

La fin de la précarité matrimoniale

Pour de nombreux élus du jour, cette cérémonie représente l’aboutissement d’un long parcours. Si l’envie de formaliser leur union était présente, les contraintes financières imposées par les usages sociaux — dot, festivités coûteuses — constituaient jusqu’ici un obstacle infranchissable. « Nous avons saisi la perche tendue pour tourner définitivement cette page sombre .C’est une très belle initiative du minproff et de l’Institut TYRANUS de pouvoir encourager la jeunesse à s’unir par les liens du mariage. Nous avons profité de l’occasion que TYRANUS nous a offert au nom de l’amour qui nous anime . Celà fait trois ans que nous sommes ensemble .», confie le couple Nkouamou , l’un des nouveaux mariés, soulignant l’importance de ce soutien institutionnel pour sortir de l’informalité juridique.

Cette transition vers la légalité apporte un soulagement manifeste aux familles élargies. Une mère de famille exprime sa gratitude, voyant dans cette régularisation une protection pour sa fille et ses trois petits-enfants : « Je me demandais ce que deviendrait leur vie si le Seigneur rappelait le compagnon de ma fille. Aujourd’hui, je vais dormir tranquillement. »

Entre tradition, dogme et réalités économiques

Toutefois, cette initiative suscite également des interrogations au sein des gardiens de la tradition. Le patriarche Abena Ondoua pointe une rupture avec les étapes coutumières, craignant que la simplification administrative n’occulte le respect dû aux géniteurs. Il soulève par ailleurs la question de la viabilité économique de certaines unions, notamment celles optant pour la polygamie dans un contexte de précarité résidentielle.

À l’inverse, sur le plan spirituel, l’ancien d’église Timothée Belinga rappelle l’impératif biblique de l’union, estimant que chaque citoyen a l’obligation de se conformer à cette loi divine, quelles que soient les circonstances temporelles de l’engagement.

Un acte politique et social fort

Présidée par Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, la cérémonie a dépassé le simple cadre de la célébration privée. Pour le membre du gouvernement, le mariage constitue le socle de la stabilité sociale. En prodiguant des conseils sur le respect mutuel et la responsabilité, la ministre a réaffirmé que la consolidation des familles est une priorité stratégique pour la paix communautaire.

Le « buffet de la nation » qui a suivi a permis de souder les différentes composantes sociales autour de ce projet commun. Ce rassemblement n’est que le prologue d’une semaine de mobilisation nationale qui culminera le 15 mai prochain. En choisissant le mariage comme acte inaugural, le Cameroun souligne son attachement aux valeurs durables, seules capables de structurer une société résiliente face aux mutations contemporaines.

GAËL TSALA NKOLO