Climat et stabilité macroéconomique : les Banques Centrales Africaines se mobilisent à Yaoundé

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La capitale camerounaise Yaoundé est, depuis ce jeudi, l’épicentre des débats monétaires et climatiques africains. La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) accueille le Symposium des Gouverneurs de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), marquant une étape majeure de leurs 47ᵉ Réunions Annuelles. Placé sous le haut patronage du Président de la République, S.E. Paul BIYA, l’événement réunit la crème des régulateurs monétaires du continent autour d’un thème à la fois technique et existentiel : « Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des Banques Centrales ».

L’urgence d’intégrer le risque climatique au cœur de la politique monétaire


Dans son allocution d’ouverture, le Gouverneur de la BEAC, M. Yvon SANA BANGUI, a dressé un constat sans appel sur la vulnérabilité du continent :

« Les effets du climat affectent directement nos économies, nos systèmes financiers et la stabilité de nos États. Il est impératif d’intégrer les risques climatiques dans nos politiques monétaires et financières. »

SANA BANGUI a également souligné la nécessité d’une solidarité accrue : « La coopération régionale et continentale est essentielle pour relever les défis climatiques et financiers qui se présentent à nous. Aucun pays ne peut à lui seul résoudre ces problèmes, c’est pourquoi il est crucial que nous travaillions ensemble pour bâtir une architecture économique et monétaire solide et intégrée. »

Appel à de nouveaux modèles macroéconomiques


La Présidente de l’ABCA, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, a réaffirmé que les chocs climatiques ne sont plus des externalités, mais des facteurs directs influençant l’inflation, la croissance et la stabilité financière. Elle a lancé un appel aux participants pour une révolution méthodologique :

« Nous devons développer des modèles macroéconomiques mieux adaptés aux réalités climatiques. Les Banques Centrales doivent se positionner non seulement comme garantes de la stabilité des prix, mais aussi comme architectes de la résilience financière face à l’urgence climatique. »

Le symposium a également vu la participation de l’Union Africaine. Mme Francisca Tatchouop Belobe, sa représentante, a mis en exergue la grande vulnérabilité de l’Afrique et a plaidé pour une influence renforcée sur la scène globale : « Nous devons porter une voix africaine unifiée dans les négociations mondiales sur le financement climatique, car les solutions doivent être équitables et adaptées aux besoins spécifiques de notre continent. »

L’engagement renouvelé du Cameroun


Clôturant la cérémonie, le Ministre des Finances du Cameroun, S.E. Louis-Paul Motaze, a transmis le message du Chef de l’État. Saluant la pertinence du thème retenu, il a réaffirmé l’engagement du Cameroun à soutenir les efforts continentaux visant à renforcer la résilience climatique.

La réunion de Yaoundé s’annonce comme un forum décisif pour la coordination des politiques. Elle vise à définir une feuille de route commune pour permettre aux Banques Centrales africaines d’intégrer pleinement la finance verte et la gestion des risques climatiques dans leurs mandats statutaires, accélérant ainsi la transition vers des économies régionales plus robustes, inclusives et durables.

GAËL TSALA NKOLO