CONIA 2025 et le Reflet d’un Mal Profond au Cameroun : Au-delà de l’Innovation, l’Urgence d’un Diagnostic Social

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Ce lundi 7 juillet 2025 a marqué l’ouverture de la 2e édition des Concertations Nationales sur l’Intelligence Artificielle (CONIA 2025) au Palais des Congrès de Yaoundé. Organisé par le Ministère des Postes et Télécommunications, cet événement vise à positionner le Cameroun sur l’échiquier mondial de l’IA. La participation remarquée de Camtel, en tant que panéliste sur les infrastructures numériques et l’accès aux données, souligne un engagement louable en faveur de l’innovation.

Mais derrière cet optimisme technologique se cache un malaise plus profond. Comme d’autres événements similaires, les CONIA révèlent un mal structurel qui mine le développement national. Sans un diagnostic clair et une réponse urgente, ces ambitions risquent de rester sans impact réel pour la majorité.

L’illusion du progrès face à la fracture sociale

L’intelligence artificielle est une force de transformation, mais qui en bénéficiera ? L’accès à internet reste limité et cher, surtout en zones rurales. L’analphabétisme numérique aggrave l’exclusion. Le système éducatif n’a pas encore les capacités pour produire des spécialistes compétents dans les domaines de pointe. Et la corruption, encore omniprésente, détourne les ressources et freine les projets.

La jeunesse formée, elle, s’expatrie faute d’opportunités locales. Tandis que la population fait toujours face à des besoins fondamentaux non satisfaits : eau, soins de santé, éducation, électricité. Peut-on parler d’intelligence artificielle quand des millions n’ont pas accès à la lumière ou aux soins ?

Une société à deux vitesses

Les CONIA 2025 illustrent un fossé grandissant entre une minorité connectée et une majorité marginalisée. Sans stratégie inclusive, l’innovation renforcera les inégalités existantes. Il ne s’agit pas de rejeter l’IA, mais de repositionner les priorités.

Ce qu’il faut pour un avenir équilibré

              •            Investir massivement dans l’éducation de base et la formation numérique.

              •            Étendre l’accès abordable à internet, notamment dans les zones rurales.

              •            Assainir la gouvernance et assurer la transparence dans les projets technologiques.

              •            Créer un climat économique propice pour retenir les talents et soutenir l’entrepreneuriat local.

              •            S’assurer que chaque avancée bénéficie à tous, pas seulement à une élite.

Les CONIA peuvent être un tournant. Mais ce ne sera possible qu’avec un changement de cap vers une vision inclusive. La technologie ne doit pas servir à briller devant le monde, mais à améliorer la vie des Camerounais, dans leur ensemble.