CSW70 : Le Cameroun réaffirme l’impératif d’une justice inclusive à New York

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La 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) s’est ouverte au siège des Nations Unies sous une thématique centrale : l’accès universel des femmes et des filles à une justice équitable. Dans ce concert des nations, la participation du Cameroun, portée par Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Marie Thérèse Abena Ondoa, a mis en exergue une vision où le droit n’est plus une abstraction, mais un levier de transformation sociale.

Un socle pour l’État de droit

Le débat ministériel, placé sous l’égide du Secrétaire général adjoint des Nations Unies, Tom Fletcher, a souligné que l’accès à la justice constitue la condition sine qua non de l’effectivité des engagements internationaux, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) à l’Objectif de développement durable 16. Pour la délégation camerounaise, cette thématique répond à une urgence structurelle : lever les barrières qui entravent encore l’autonomie juridique des citoyennes.

Des réformes normatives majeures

Le plaidoyer camerounais s’appuie sur une mutation législative concrète. L’évolution du Code pénal de 2016 marque une rupture avec des dispositions autrefois asymétriques. L’abrogation du traitement discriminatoire de l’adultère et, surtout, la suppression de l’exception de poursuites en cas de mariage entre l’auteur d’un viol et sa victime, témoignent d’une volonté de briser les cycles de violence et de mariages précoces.

Cet arsenal juridique s’étoffe aujourd’hui avec l’élaboration d’un avant-projet de loi spécifiquement dédié aux violences basées sur le genre (VBG), signalant une spécialisation nécessaire du droit face aux réalités contemporaines.

L’institutionnalisation de la proximité

Au-delà des textes, l’efficacité d’un système se mesure à son accessibilité. Le Gouvernement a ainsi structuré une réponse multisectorielle :

Mobilité et assistance : Le déploiement de cliniques juridiques mobiles et le renforcement de l’assistance judiciaire garantissent un recours aux populations les plus vulnérables.

Protection de la dignité : La généralisation du huis clos pour les affaires de violences sexuelles et la création de « gender desks » dans les unités d’enquête visent à humaniser le parcours judiciaire.

Prise en charge holistique : Dans les zones de crise, des plateformes intégrées assurent un accompagnement qui dépasse le cadre strictement légal pour englober les dimensions psychologiques et sociales.

En s’inscrivant dans cette dynamique onusienne aux côtés des 193 États membres, le Cameroun ne présente pas seulement un bilan ; il réaffirme que la justice inclusive est le moteur indispensable d’une société paritaire.

GAËL TSALA NKOLO