CSW70 : Marie-Thérèse Abena Ondoa porte la voix du Cameroun pour une justice inclusive à New York

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La 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) s’est ouverte au siège des Nations unies. À la tête de la délégation camerounaise, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa née Obama, plaide pour un accès équitable des femmes aux mécanismes juridiques et présente les réformes majeures engagées par Yaoundé.

L’enceinte des Nations unies à New York vibre, du 9 au 19 mars 2026, au rythme des débats sur l’égalité des sexes. Le Cameroun y marque sa présence avec une détermination renouvelée. Sous le thème central « Garantir et renforcer l’accès pour toutes les femmes et les filles à la justice », Marie-Thérèse Abena Ondoa a porté un message de fermeté et de progrès lors de son allocution devant la communauté internationale.

Un arsenal juridique en pleine mutation

Devant ses pairs, la Ministre a mis en lumière les avancées législatives significatives du Cameroun. Elle a notamment rappelé que le Code pénal de 2016 a permis de franchir des étapes historiques : l’abolition du traitement discriminatoire de l’adultère et, surtout, la suppression de la clause qui exemptait les violeurs de poursuites s’ils épousaient leur victime.

« Cette disposition alimentait les mariages précoces », a-t-elle souligné, réitérant la volonté du gouvernement d’harmoniser l’Ordonnance de 1981 sur l’état civil avec le Code pénal, particulièrement sur la question de l’âge du mariage. Plus encourageant encore, un avant-projet de loi spécifique sur les violences basées sur le genre (VBG) est actuellement en cours d’examen au ministère de la Justice, témoignant d’une volonté de doter le pays d’un cadre juridique plus répressif et protecteur.

Des mécanismes de protection de proximité

Au-delà des textes, l’accent est mis sur l’accompagnement opérationnel. Le Cameroun déploie désormais des cliniques juridiques mobiles et des plateformes de prise en charge holistique dans les dix régions, y compris dans les zones en crise. L’installation de « bureaux genre » et de « bureaux pour enfants » dans les commissariats et brigades de gendarmerie vise à briser le mur du silence.

Pour faciliter les signalements, la Ministre a rappelé l’existence de dispositifs d’alerte :

Le 116 : Ligne verte pour la protection des enfants.

Le 1523 : Numéro gratuit pour dénoncer les violations des droits de l’homme.

Le plaidoyer de la Première Dame comme boussole

La voix du Cameroun à l’ONU a également fait écho à l’engagement national au plus haut sommet de l’État. Marie-Thérèse Abena Ondoa a cité la condamnation ferme des féminicides exprimée par la Première Dame, Madame Chantal Biya, lors du 8 mars 2026. Cet appel à la mobilisation générale contre la résurgence des violences extrêmes constitue le socle de la stratégie nationale de lutte contre les VBG.

L’Afrique parle d’une seule voix

En marge des sessions plénières, la Ministre a activement participé à la réunion de consultation de l’Union Africaine le 13 mars. Les enjeux étaient de taille : renforcer l’influence du continent dans les négociations de la CSW70 et soutenir la candidature de l’Afrique pour accueillir la première rotation régionale de cette instance.

Lors d’un échange avec la Directrice exécutive d’ONU Femmes, les priorités de l’Afrique pour l’horizon 2026 ont été affinées, mettant l’accent sur la réduction de la vulnérabilité économique des femmes, l’un des principaux freins à leur accès effectif aux tribunaux.

GAËL TSALA NKOLO