À l’aube de la 19ᵉ itération des “16 jours d’activisme visant à éradiquer les violences faites aux femmes et aux filles”, la République du Cameroun consolide sa détermination inébranlable dans le combat contre les abus fondés sur le genre. Cet élan, en place depuis près de vingt ans, se traduit par une profusion d’initiatives, de campagnes de sensibilisation et d’opérations de proximité destinées à sauvegarder, assister et amplifier le témoignage des survivantes.
Le lancement, ce mardi, de la 19ᵉ édition de la campagne des « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles » n’est pas un simple rendez-vous calendaire. Il constitue un acte politique fort et une réaffirmation de la souveraineté éthique du Cameroun face à l’une des problématiques sociales les plus insidieuses : les violences basées sur le genre (VBG). Sous l’égide du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dirigé par Madame Marie-Thérèse Abena Ondoa, cette nouvelle mobilisation se déploie comme le prolongement d’un héritage de près de deux décennies d’actions, de plaidoyers et d’initiatives de terrain.

L’Archéologie d’un Engagement : Le Continuum de 18 Éditions
Depuis son adoption par le Cameroun, la campagne des « 16 jours d’activisme » a opéré une mutation progressive du paysage sociétal. L’engagement initial, s’inscrivant dans la continuité des conventions internationales signées par le pays, s’est transformé en une véritable ingénierie sociale de sensibilisation.
Les 18 éditions précédentes ont ainsi dessiné un continuum d’actions stratégiques :
Institutionnalisation du Réseau Communautaire : La formation des leaders religieux, traditionnels et communautaires a permis d’ancrer la lutte contre les VBG au cœur des structures de gouvernance locale. Ces acteurs se sont révélés être des multiplicateurs d’impact essentiels, notamment en milieu rural, où la parole institutionnelle peine parfois à pénétrer.
Structuration de l’Accueil : L’ouverture et le renforcement des centres d’écoute et d’accueil symbolisent la volonté de prise en charge concrète, faisant passer les survivantes du statut de victimes anonymes à celui de citoyennes bénéficiant d’un accompagnement psychosocial et légal.
Levier Médiatique et Académique : L’amplification des campagnes de communication dans les médias, les écoles et les universités a contribué à dé-silencier le sujet. La problématique des VBG est désormais inscrite dans l’agenda public et éducatif, amorçant une décriminalisation culturelle de la parole des victimes.
L’Économie comme Vecteur de Sécurité : L’intégration de programmes d’autonomisation économique reconnaît explicitement le lien structurel entre la précarité financière et l’exposition aux violences. Réduire la dépendance économique, c’est conférer aux femmes un capital de résilience fondamental contre l’emprise.
Ce travail progressif a eu pour effet notable de rendre visible l’invisible, brisant des tabous séculaires. Même si l’intensité et l’efficacité des actions varient selon les contextes régionaux, la direction est claire : l’impunité sociale et le silence ne sont plus l’unique réponse.

La 19ᵉ Édition : L’Amplification Nécessaire
La nouvelle campagne, qui s’articule autour des axes “sensibiliser, éduquer, accompagner et libérer la parole”, est moins une rupture qu’un moment d’intensification. L’objectif est de dépasser la simple sensibilisation pour atteindre l’engagement transformateur.
La feuille de route de cette édition est d’élargir la portée des dispositifs d’accompagnement. Des ateliers interactifs et des sessions de dialogue communautaire sont prévus pour transcender la communication descendante et favoriser une co-construction de solutions avec la base citoyenne.
« Cette dynamique vise à renforcer à la fois la prévention et la prise en charge, » précise un communiqué du Cabinet, soulignant la double nécessité d’agir en amont sur les causes structurelles et en aval sur les conséquences immédiates.

En mobilisant les institutions, la société civile et l’ensemble des citoyens, Yaoundé ambitionne de faire reculer un phénomène qui, par son ampleur, freine le développement humain et l’égalité. L’enjeu n’est pas seulement de protéger, mais de garantir l’intégralité des droits humains à chaque femme et fille camerounaise.
Cette 19ᵉ édition est, in fine, un rappel : la construction d’une société plus sûre et équitable est un chantier permanent qui exige une vigilance éthique et un investissement politique sans faille. L’engagement du Cameroun est une promesse de solidarité pour toutes ses citoyennes.
GAËL TSALA NKOLO




