Alors que les violences basées sur le genre (VBG) continuent de ravager des vies, une nouvelle approche s’impose, centrée sur la santé mentale des victimes. Au cœur de Garoua, un atelier de formation stratégique a mis en lumière l’urgence d’une prise en charge holistique, intégrant les premiers secours psychologiques comme une pierre angulaire de la lutte contre ce fléau.

Loin de se limiter aux blessures physiques, les VBG infligent des cicatrices invisibles qui rongent le bien-être des personnes affectées. C’est pour répondre à cette réalité que l’Institut de formation des Travailleurs Sociaux et l’Action Humanitaire de Garoua (IFTS-AH), en collaboration avec lebCMPJ de Garoua, a organisé une formation cruciale le mercredi 10 septembre 2025.

Déconstruire pour mieux reconstruire
Dès l’ouverture, animée par M. Souloukna, la vidéo percutante sur les réalités des survivantes a donné le ton : comprendre les VBG, c’est d’abord identifier leurs racines profondes. L’atelier a permis de décortiquer les mécanismes de la violence, révélant qu’elle n’est pas un acte isolé, mais le fruit de facteurs complexes :
Les stéréotypes de genre qui enferment les individus dans des rôles rigides.
Les inégalités de pouvoir qui créent un terreau fertile pour l’abus.
Les normes sociales et culturelles qui, trop souvent, banalisent la violence.

À travers des travaux de groupe, les participants ont transformé ces concepts théoriques en une réalité tangible, comme l’explique Guidepbawoumdeimirym, une assistante sociale présente à la formation : « J’ai compris qu’il faut plus de sensibilisation et de respect d’autrui pour éviter que des discours haineux ne soient à la base de ces violences. »

Les premiers secours psychologiques, une compétence vitale
Le point culminant de l’atelier a été l’apprentissage des Premiers Secours Psychologiques (PSP). Une thématique qui a particulièrement interpellé Minsem Olivier, un participant : « Je n’avais pas connaissance de cela et pendant l’atelier, j’ai appris comment il faut se prendre pour administrer les premiers secours psychologiques. »
Cette approche pragmatique vise à fournir un soutien immédiat aux personnes en détresse, en s’appuyant sur des principes simples mais fondamentaux : l’écoute active, le respect de la confidentialité et l’orientation vers des services spécialisés. Pour Soreyatou, une autre participante, « il faut que les femmes s’ouvrent et dénoncent les violences qu’elles subissent. » Les PSP sont un outil essentiel pour les accompagner dans cette démarche, en leur offrant un espace sûr pour s’exprimer et se reconstruire.

L’engagement pour un avenir sans violence
Les témoignages des participants soulignent une volonté commune de créer une communauté de soutien pour lutter plus efficacement contre les VBG. Le chemin reste semé d’embûches, notamment les résistances culturelles et les stéréotypes profondément enracinés, comme le confie Marthe Aguimké Doubla participante : « Les défis sont énormes. Nous avons des défis liés aux stéréotypes de genre. Les défis liés à la culture parce que dans certaines localités, les mentalités ne sont pas assez ouvertes à accepter que la femme ait le droit de faire le travail qu’un homme peut faire. »

Pourtant, la mobilisation est en marche. Cet atelier a permis de renforcer les capacités des acteurs de terrain, en leur donnant les outils nécessaires pour être la première ligne de défense contre les VBG.
En investissant dans la santé mentale, la communauté de Garoua fait un pas de géant vers un avenir plus juste, plus sûr et plus résilient pour tous.




