FEMINA 2026 : Le rayonnement culturel au cœur du sacre de la haute couture sénégalaise

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La ville de Garoua a accueilli l’édition 2026 de la Foire Économique des Manufacturières et Innovatrices Africaines (FEMINA), un événement marqué par une forte dimension culturelle. Entre compétitions de mode et danses traditionnelles, cette rencontre a mis en lumière le savoir-faire artisanal et artistique des femmes du continent. Les sacres de Thiate Couture et du groupe Danse Passion illustrent le rôle majeur de la créativité comme levier de développement et de rayonnement pour l’entrepreneuriat africain.

La ville de Garoua, épicentre de la Foire Économique des Manufacturières et Innovatrices Africaines (FEMINA), a récemment vibré au rythme d’une célébration de l’identité continentale. Au-delà des enjeux strictement commerciaux, cette édition 2026 consacre une place prépondérante à l’expression artistique, à travers des compétitions de danses traditionnelles et de création stylistique qui ont mobilisé des talents venus de divers horizons géographiques.

Le sacre de la haute couture sénégalaise

Le concours de stylisme, moment fort de cette édition, a vu le triomphe de la maison Thiate Couture au terme des délibérations . Avec un total de 551 points, l’enseigne sénégalaise a devancé la talentueuse maison camerounaise Khady Couture (533 points). Pour la promotrice de Thiate Couture, ce succès couronne une présence assidue en terre camerounaise et une volonté farouche d’exporter la « Teranga » à travers le textile.

« Les Camerounais ont adopté notre esthétique. Je viens régulièrement ici pour magnifier la femme et promouvoir l’identité sénégalaise à travers nos étoffes. Mon ambition est désormais d’intégrer pleinement le réseau Women Up Africa, afin de bâtir des ponts entre les entrepreneures de nos différentes nations », a-t-elle confié, exprimant le souhait de voir de tels événements s’exporter prochainement à Dakar.

Kadiza Maïna, présidente régionale du réseau Women Up Africa, a d’ailleurs salué cette performance remarquable qui témoigne de la rigueur et du rayonnement du savoir-faire ouest-africain lors de ce rendez-vous de Garoua.

Sous la supervision rigoureuse d’un jury présidé par Madame Thècle Michèle Aurélie Maah Bilong, les épreuves de défilé de mode ont révélé une haute technicité artisanale . Ces résultats témoignent de la vitalité d’une mode africaine capable d’opérer une synthèse entre héritage patrimonial et exigences esthétiques contemporaines.

Le volet consacré aux expressions chorégraphiques a, pour sa part, mis en lumière la pérennité des rythmes ancestraux. Le groupe Danse Passion a remporté les suffrages avec un score cumulé de 501 points, devançant la formation Lonodji Pépinière, laquelle termine la compétition avec 482 points. Ces prestations ont permis de rappeler que la culture demeure un levier de cohésion et un moteur de soft power pour les entrepreneures du continent.

Le Conseil Régional du Nord, représenté par son président Oumarou Ousmanou, a suivi de près ces démonstrations de compétences. Tout en saluant l’enthousiasme et la maestria des exposantes, l’autorité régionale a souligné la nécessité d’accompagner ces actrices vers une professionnalisation accrue.

Le président du Conseil Régional a insisté sur l’enjeu de la certification. Si une partie des entrepreneures maîtrise déjà les circuits de mise en conformité, d’autres doivent encore être encadrées pour répondre aux normes internationales. L’objectif est clair : transformer le savoir-faire artisanal en produits exportables et compétitifs sur le marché mondial, ouvrant ainsi la voie à une collaboration renforcée entre les institutions publiques et les réseaux de femmes d’affaires.

En érigeant ainsi la créativité féminine en pilier du développement, le FEMINA 2026 transforme Garoua en un carrefour d’échanges où l’innovation se nourrit de la tradition. Plus qu’une simple vitrine marchande, l’événement s’affirme comme une plateforme essentielle de valorisation du génie africain dans toute sa diversité.

GAËL TSALA NKOLO