Finance Islamique en CEMAC : Comment les JCFI 2025 à Yaoundé marquent un tournant décisif pour l’économie régionale

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La finance islamique n’est plus une niche, mais un puissant levier de développement pour l’Afrique Centrale. La 3ᵉ édition des Journées Communautaires de la Finance Islamique (JCFI), tenue du 11 au 14 août 2025 au Palais des Congrès de Yaoundé, a non seulement confirmé cette tendance, mais a surtout posé les jalons d’une nouvelle ère pour ce secteur en pleine expansion dans la zone CEMAC. Placé sous le thème de la «Promotion et du développement de la finance islamique dans la CEMAC : engagement de la communauté musulmane,» l’événement a été le théâtre d’échanges stratégiques et d’engagements forts.

Une ouverture solennelle pour un engagement citoyen

Dès la cérémonie d’ouverture, le ton était donné. Entre une lecture coranique inspirante et l’hymne national du Cameroun, les participants ont été appelés à une réflexion profonde sur l’alliance entre la foi et l’action communautaire comme moteur du progrès économique.

La présence et l’intervention de l’invité d’honneur, le Dr Bachir Aliyu Umar, expert de renommée internationale en charia et stratège en finance islamique, ont particulièrement marqué les esprits. Avec une clarté et une pertinence rares, il a démystifié les concepts de la finance islamique, insistant sur le rôle fondamental des leaders religieux pour sa vulgarisation et son adoption par le plus grand nombre. Son message était clair : la finance éthique et participative est une affaire de tous.

Une vision stratégique : “Ensemble pour aller plus loin”

Porteur de l’événement et figure clé de sa réussite, M. Hassan Belibi Noah, Directeur Général du cabinet AIFC, a résumé la philosophie de ces journées par une formule percutante : « Seul on peut aller vite, mais ensemble on peut aller plus loin ». Cette vision collaborative est au cœur de la stratégie pour ancrer durablement ce secteur.

Il a ensuite souligné la transformation en cours : « La finance islamique est devenue une activité intégrante de la vie sociale, économique et politique des États de la CEMAC. Certaines banques se sont engagées dans son développement et sa promotion. » Pour M. Belibi Noah, les faits sont là : « La finance islamique devient dès lors une solution alternative durable aux problèmes de financement du développement et de la lutte contre la pauvreté. De nombreux pays y recourent, non seulement pour leur économie interne mais aussi dans leurs échanges financiers internationaux. »

Du savoir à la compétence : une formation de haut niveau

Les JCFI-CEMAC 2025 ont transcendé le cadre d’un simple colloque. Pendant quatre jours, hauts cadres du secteur public, dirigeants de banques, d’institutions de microfinance, universitaires, entrepreneurs et responsables associatifs ont partagé leurs expertises.

Le point d’orgue de cet événement fut sans conteste la quatrième journée, entièrement consacrée à une formation spécialisée et intensive. Animée par Hassan Belibi Noah lui-même, cette session a permis de doter les participants d’outils concrets. À travers des études de cas pratiques et des réponses précises, les acteurs du secteur ont pu renforcer leurs compétences techniques, se préparant ainsi à relever les défis opérationnels de la finance islamique sur le terrain.

Un avenir prometteur pour une finance éthique et inclusive

La cérémonie de clôture, le 14 août, a célébré bien plus que la fin d’un événement réussi. Elle a marqué la consolidation d’une communauté d’acteurs engagés et unis. Les JCFI ont été une plateforme exceptionnelle de réseautage, où des partenariats stratégiques ont pu naître.

Comme l’a souligné l’un des organisateurs, cette édition n’est pas une fin en soi, mais «le début de nouvelles opportunités». En promouvant une approche financière à la fois éthique, socialement responsable et inclusive, la finance islamique est désormais positionnée pour jouer un rôle de premier plan dans l’accélération du développement économique de la sous-région CEMAC.

Le rendez-vous est déjà pris pour 2026, avec la promesse d’une édition encore plus ambitieuse, prête à transformer les ambitions d’aujourd’hui en réalités économiques de demain.

GAËL TSALA NKOLO