Garoua, Cœur de la Décentralisation : Vers un État Civil Plus Accessible pour Tous

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Le 11 août 2025, la ville de Garoua s’est transformée en épicentre de la réflexion et de l’action en matière de décentralisation et d’état civil. En accueillant la 14ᵉ Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local, ainsi que la 8ᵉ Journée Africaine de l’Enregistrement des Faits d’État Civil, la capitale de la région du Nord a réaffirmé son rôle crucial dans la construction d’une gouvernance de proximité et l’accès à l’identité juridique pour tous les citoyens.

Un Double Événement pour un Objectif Unique

Sous la haute présidence du gouverneur de la région du Nord, représenté par son Secrétaire général, les célébrations ont rassemblé officiels, élus locaux, acteurs de la société civile et population sur l’esplanade de la communauté urbaine de Garoua. Le message était clair et unanime : rapprocher l’administration des citoyens pour stimuler un développement local durable et inclusif.
Le thème de la Journée de la Décentralisation, « Construire des communautés résilientes par la décentralisation inclusive et le développement équitable », a fait écho à celui de la Journée de l’État Civil, qui portait sur « l’enregistrement des faits d’état civil comme fondement des infrastructures publiques numériques et des systèmes d’identité juridique numérique en Afrique ». Ces deux thèmes, bien que distincts, convergent vers un même idéal : un État plus proche, plus efficace et plus moderne.

Des Initiatives Concrètes pour Surmonter les Obstacles

La décentralisation, dans l’esprit des organisateurs, ne doit pas rester un concept abstrait. Elle est perçue comme un moteur de développement qui nécessite l’implication active des élus locaux. Le Secrétaire général des services du gouverneur a ainsi insisté sur l’importance de l’activisme des élus locaux pour trouver des solutions durables aux problèmes des populations. Il a également salué les récentes lois sur la fiscalité locale et l’état civil comme des piliers d’une croissance accélérée et inclusive.


Le Délégué Régional du MINDDEVEL , Monsieur Mohamadou Aminou, a quant à lui souligné l’urgence de la sensibilisation. « Nous invitons la population à connaître ses droits afin de comprendre la nécessité d’avoir ces différentes pièces à portée de main », a-t-il déclaré, rappelant le rôle des communes et des régions en tant que collectivités territoriales décentralisées.

Le Dr. Maïkanti, maire de la commune de Garoua 3ᵉ, a illustré cette dynamique par des actions concrètes. Confronté au manque d’actes de naissance, son équipe a mis en place des cellules de sensibilisation et des agents communautaires qui sillonnent les villages pour les enregistrements. « Nous avons un autre problème, celui de la catégorie d’enfants ayant plus d’un an dont le cursus scolaire se trouve stoppé par l’absence d’acte de naissance », a-t-il expliqué, décrivant la procédure de délivrance de certificats d’âges apparents en attendant les ressources nécessaires pour accompagner ces enfants dans le processus judiciaire.Des efforts sont également en cours pour régulariser la situation des adultes et des enfants non scolarisés sans identité juridique.

Le Bureau National de l’État Civil (BUNEC), représenté par Nassourou Moussa Moussa, chef d’agence régional, a rappelé la mission centrale de cette journée : sensibiliser les acteurs pour que l’enregistrement des naissances, mariages et décès devienne automatique. Malgré les difficultés, il a souligné la nécessité pour tous les acteurs de redoubler d’efforts pour atteindre les résultats escomptés par les pouvoirs publics et les populations.

GAËL TSALA NKOLO