GESTION URBAINE : LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE GAROUA RÉORGANISE LA COLLECTE DES DÉCHETS

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Face aux dysfonctionnements observés dans la distribution du matériel de salubrité au niveau local, la Direction de l’Environnement de la Communauté Urbaine de Garoua (CUG) durcit son protocole de dotation. Entre souci de transparence et impératif d’efficacité, Mme Aïssatou Ladi Lanvou, Directrice de l’Environnement et du Cadre de vie, détaille une stratégie désormais fondée sur la traçabilité rigoureuse.

À Garoua, la question de la propreté urbaine ne relève plus seulement de la logistique, mais d’une gestion administrative quasi chirurgicale. Pour pallier les « opacités » constatées dans certains circuits de distribution communaux, la Communauté Urbaine a fait le choix de la personnalisation des dotations.

Une traçabilité imposée par les faits

L’attribution du matériel, issu des dons du Chef de l’État, obéit désormais à une nomenclature précise. À titre d’exemple, pour la commune de Garoua 1er, 573 bacs à ordures ont été mobilisés, répartis stratégiquement entre l’exécutif communal, les conseillers municipaux et, pour la part prépondérante (500 unités), la population.

Cette précision répond à une nécessité de clarification. Selon Mme Aïssatou Ladi Lanvou, ingénieure en environnement, le Maire de la ville a dû systématiser l’usage de décharges nominatives. Une mesure prise pour couper court aux récriminations de certains élus locaux affirmant n’avoir rien perçu, alors même que les registres de la Communauté Urbaine attestent du contraire. « Chaque lot est spécifié par courrier et fait l’objet d’une décharge », martèle la Directrice, citant l’exemple de Garoua 2ème où le détail du matériel — allant des tricycles aux pelles et balais ramasse-feuilles — est scrupuleusement consigné.

Directives de proximité et responsabilité citoyenne

L’ambition de la CUG est d’atteindre les zones délaissées par les circuits classiques de collecte. Pour les quartiers enclavés, inaccessibles aux camions d’Hysacam, un contrat tacite est proposé aux résidents : la Communauté fournit le bac, à charge pour le citoyen de le déplacer en bordure de voie principale lors du passage des équipes de collecte.

Au-delà des ménages, la Direction de l’Environnement a entrepris un recensement exhaustif des structures structurantes de la cité : administrations, établissements scolaires, centres de santé et lieux de culte. Le Lamidat de Garoua a ainsi reçu 100 bacs et un tricycle. « Nous ne devrions normalement plus intervenir à ce niveau, cette mission incombant aux communes d’arrondissement, précise Mme Lanvou. Mais face à l’inertie constatée, nous agissons directement pour garantir la salubrité du cadre de travail. »

Vers un engagement contractuel des bénéficiaires

Pour les ménages désireux d’obtenir un bac individuel, la procédure se formalise. Une demande timbrée adressée au Maire de la ville, accompagnée d’une pièce d’identité, est désormais requise. Cette démarche vise à s’assurer de la motivation du demandeur et permet un suivi post-distribution. Des équipes de terrain effectueront des descentes inopinées pour vérifier l’usage à bon escient du matériel octroyé.

La stratégie s’étend enfin aux marchés, pôles majeurs de production de déchets. Au marché BEAC, qui compte plus de 2 500 commerçants, la distribution s’organise par couloirs sous la supervision de coordonnateurs responsables. L’objectif final est limpide : instaurer une culture de la responsabilité partagée pour que la propreté de Garoua ne soit plus une option, mais une réalité pérenne.

GAËL TSALA NKOLO