À l’heure où la décentralisation s’affirme comme le moteur de l’émergence locale, les communes de Mora et de Yaoundé 5 viennent de poser un acte fort de fraternité institutionnelle. Sous l’égide de leurs maires respectifs, Chetima Hamidou et Augustin Bala, le lancement, ce 29 décembre 2025, des travaux d’une mini-adduction d’eau potable solaire à l’école d’application de Mora Sultanat consacre une alliance stratégique inédite. Entre innovation technologique et solidarité « Sud-Sud », ce projet de 25 millions de FCFA transcende les distances géographiques pour répondre à l’urgence vitale de l’accès à l’eau, transformant le paysage social de l’Extrême-Nord en pleine célébration du festival MOFÉ.
Dans le jargon des politologues, on appelle cela la « diplomatie des territoires ». Loin des sommets internationaux de haut vol, c’est sur le sol aride de Mora, dans la région de l’Extrême-Nord, que la décentralisation camerounaise a montré, ce lundi, son visage le plus humain et le plus pragmatique. En s’unissant pour offrir l’accès à l’or bleu, les communes de Yaoundé 5 et de Mora ne font pas qu’édifier un ouvrage hydraulique ; elles jettent un pont de solidarité entre le centre politique et les confins septentrionaux du pays.

Un ouvrage technologique au service du social
Le projet, dont le coût global s’élève à 25 millions de FCFA, se veut une réponse structurelle à la précarité hydrique qui frappe le quartier Sultanat. Loin des installations précaires, cette mini-adduction d’eau potable mise sur la durabilité :
- Énergie verte : Le système sera alimenté par des panneaux photovoltaïques, affranchissant l’ouvrage des contraintes de déestage.
- Capacité : Un château d’eau de 10 m³ alimentera un réseau de sept robinets, garantissant un débit constant pour les élèves et les riverains.
- Sécurité : L’installation d’un lampadaire solaire attenant vient renforcer la sûreté du site, transformant ce point d’eau en un véritable lieu de vie sécurisé dès la tombée de la nuit.

La Coopération Sud-Sud : Un levier de développement
Pour le maire de Yaoundé 5, Augustin Bala, et son homologue de Mora, Chetima Hamidou, cette initiative illustre une volonté de ne plus attendre l’appui extérieur pour transformer le quotidien des administrés. Ce « partenariat Sud-Sud » intra-national démontre que le transfert de ressources et de compétences entre communes camerounaises est un moteur de croissance endogène.
L’émotion était d’ailleurs palpable chez les populations du quartier Sultanat, pour qui l’accès à l’eau potable n’est plus une promesse de campagne, mais une réalité en chantier.

La fête au cœur de l’action
Le symbole institutionnel n’a pas éclipsé la dimension festive et humaine de l’événement. Coïncidant avec le festival Mora en fête (MOFÉ), la cérémonie s’est muée en un moment de partage. La remise de cadeaux aux élèves de l’école d’application a rappelé que derrière les chiffres et le béton, l’objectif ultime demeure l’épanouissement de la jeunesse et l’amélioration du cadre d’apprentissage scolaire.
Alors que les travaux débutent, l’axe Yaoundé 5 – Mora pose les jalons d’une nouvelle gouvernance locale où la proximité et l’efficacité deviennent les maîtres-mots du service public.
GAËL TSALA NKOLO




