Le Post-Scrutin Camerounais : Au-delà de la Proclamation, l’Impératif de la Justice pour une Paix Authentique

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Le Cameroun retient son souffle à l’approche de la proclamation des résultats du scrutin, fixée au 27 octobre 2025. Cette période de haute tension post-électorale ne doit pas être réduite à une simple attente technique ; elle est le miroir grossissant des fractures profondes du contrat social et de l’urgence d’une éthique de la gouvernance. Si, comme le suggèrent de graves allégations, l’intégrité du processus électoral a été compromise, la question de la légitimité du pouvoir et de la souveraineté populaire se pose dans des termes radicaux : à quoi bon une citoyenneté si le “sacré” du vote est profané et si le peuple est relégué au rang de “non-entité” ?

La Souveraineté du Peuple : Un Principe Non Négociable

L’essence de la démocratie repose sur un principe immuable : le pouvoir émane du peuple. C’est le peuple qui mandate le gouvernement, et non l’inverse. Les périodes électorales sont des moments sacrés où le destin d’une nation est mis en jeu ; elles ne sauraient être des terrains de jeu pour la manipulation ou l’arbitraire. Un gouvernement a le devoir éthique et politique d’écouter et de respecter la volonté de ses citoyens.

Il est impératif que tous les leaders, à tous les échelons, comprennent la nuance fondamentale : on ne peut appeler unilatéralement à la paix lorsque certains d’entre eux sont potentiellement les architectes en chef et les grands perpétuateurs d’injustices flagrantes qui, par leur nature, provoquent la population. Le désengagement civique n’est jamais la cause première, mais la conséquence d’un système où les revendications légitimes — réformes de santé, infrastructures routières, transparence — rencontrent un mur d’inertie. STOP!

La Définition Exigeante d’une Paix Juste

Aux leaders politiques, religieux et traditionnels qui multiplient les appels à la paix en cette période cruciale, un impératif s’impose : celui de définir cette paix. La paix ne peut être un simple appel au silence face à l’iniquité. Elle doit être équilibrée, juste et ancrée dans la vérité.

La situation actuelle que la véritable stabilité ne s’obtient pas par la contrainte, mais par la convergence indissociable des valeurs :

Paix et justice, prière et honnêteté, vérité et amour doivent marcher de concert.

Si l’élection est avérée intègre, que le leadership national poursuive son rôle de garant de la paix et de protecteur des vies. Mais si le doute subsiste, la voie de la justice et de la transparence est la seule stratégie technique et tactique viable pour désamorcer une crise post-électorale.

Le Patriotisme de l’Action et non de la Réclamation

Alors que l’attente du 27 octobre cristallise les espoirs et les angoisses, un appel solennel doit résonner auprès de chaque Camerounais – du paysan au médecin, de l’enseignant au militaire, de la buyam sellam au moto-taximan, de l’expert comptable au pêcheur de Kribi :

« Il n’est plus temps de demander ce que la nation a fait pour vous. Chacun doit s’interroger sur ce qu’il a fait, ou est prêt à faire, pour cette nation. »

C’est un appel à l’activation de la souveraineté citoyenne. Le Cameroun a besoin, urgemment :

  • De leaders, et non de sellouts (traitres à la cause).
  • D’un pays qui fonctionne comme une entité unie, et non d’un simple nom sur une carte.
  • De démocratie, de développement, de paix, de justice et de progrès.
  • De jubilation authentique, et non de la contrainte du silence.
  • De sagesse dans la décision, et non de la force brute dans l’exécution.

L’heure n’est plus à la passivité. L’émergence d’une nation se construit sur la fidélité aux principes de justice. La paix, dans sa définition la plus noble, est le fruit de la vérité rendue et de la justice établie. Sans ces fondations, toute “paix” imposée ne sera qu’une trêve illusoire, prélude à de futures turbulences. Le Cameroun mérite mieux, et l’intégrité de son processus électoral est la première ligne de défense de sa souveraineté populaire.

GAËL TSALA NKOLO