Le théâtre de verdure de l’Alliance française de Garoua a accueilli, le 10 février dernier, la finale de la première édition du concours « Woïla Come Test ». Dans une région où le hip-hop cherche encore ses structures de légitimation, cette initiative marque un jalon essentiel pour la scène urbaine locale.

Une arène pour l’émergence
Le rap, discipline exigeante conjuguant maîtrise du verbe et occupation scénique, a trouvé à Garoua un écrin à la mesure de ses ambitions. Le « Woïla Come Test » ne s’est pas contenté d’être une simple joute oratoire ; il a agi comme un révélateur de potentiels. Huit finalistes, souvent novices dans l’exercice périlleux du direct, se sont affrontés devant un jury attentif à la pertinence du propos et à la rigueur technique.
Pour la direction de l’Alliance française, l’enjeu dépasse le cadre du divertissement. Il s’agit de confronter ces jeunes artistes aux réalités du métier : la gestion du micro, le rapport au public et la résilience face aux aléas techniques.

Rahim : l’ascension par le texte
Au terme des délibérations, c’est Rahim qui s’est imposé. Sa victoire repose sur une prestation jugée percutante, portée par une écriture incisive qui a su faire la différence. Le lauréat a accueilli ce sacre avec une humilité sereine, y voyant une opportunité rare de franchir un palier professionnel.
À la seconde place, Kazed La Flamme n’a pas démérité. Malgré une frustration manifeste liée à un incident de synchronisation sonore, le rappeur a affiché une détermination sans faille. Son parcours illustre la discipline nécessaire pour exister dans ce milieu : le travail de fond reste le seul garant d’une progression durable.

Vers une professionnalisation durable
Le jury a tenu à souligner le niveau global des participants, rappelant que l’existence de telles plateformes est vitale pour le rayonnement du hip-hop dans le Grand Nord. La victoire de Rahim et de La Flamme s’accompagne d’une promesse concrète : un passage en studio d’enregistrement et un accompagnement scénique par l’Alliance française.

« Nous allons accompagner ces jeunes. L’objectif est de leur offrir une visibilité qui dépasse nos frontières régionales », a affirmé la directrice de l’institution.
Cette première édition du « Woïla Come Test » pose les bases d’une industrie culturelle locale plus structurée. En offrant des outils de production aux vainqueurs, l’Alliance française transforme un concours de talent en un véritable tremplin vers la professionnalisation.
GAËL TSALA NKOLO




