Dans l’écrin solennel de la Salle des Actes de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH), s’est ouvert le 18 décembre 2025 un colloque international d’une envergure rare. Consacrée à la langue et à la civilisation arabes, cette rencontre scientifique, qui coïncide avec la Journée mondiale dédiée à cet idiome millénaire, transcende la simple commémoration pour interroger les leviers de la stabilité et du développement en Afrique subsaharienne.

Sous le haut patronage du Recteur de l’Université de Ngaoundéré, le Pr Mamoudou Abdoulmoumini, les travaux ont été lancés par le Pr Paul Henri Ekobena Fouda, Vice-Recteur chargé de l’Enseignement, de la Programmation et du Développement des TIC. Dans une allocution empreinte de gravité et de perspective, le représentant du Recteur a salué une initiative qui propulse l’institution au cœur des « grandes joutes intellectuelles de notre temps », renforçant ainsi la stature internationale de l’université camerounaise.

Un paradigme de coexistence
Pour le Doyen de la FALSH, le Pr Joseph Ndinda, et le Chef du département de Langues et Civilisations Arabes, le Pr Saïdou Ali, ce projet scientifique ne relève pas de la pure abstraction académique. En articulant la thématique autour du binôme « culture de paix et développement durable », les organisateurs entendent démontrer que la langue arabe n’est pas seulement un outil de communication, mais un véritable socle civilisationnel en Afrique subsaharienne, capable de favoriser une coexistence pacifique dans un contexte régional souvent meurtri par les crises.

Une leçon inaugurale aux accents de manifeste
Le point d’orgue de cette première journée fut sans conteste la leçon inaugurale magistrale délivrée par le Pr Hamadou Adama. Avec l’érudition qu’on lui connaît, l’universitaire a déconstruit les préjugés pour révéler l’importance stratégique de l’héritage arabe dans les sociétés africaines. Selon lui, cette culture a irrigué les structures intellectuelles, économiques et spirituelles du continent, constituant aujourd’hui un « potentiel stratégique » pour la médiation culturelle et la consolidation de la paix.

En organisant ces assises, l’Université de Ngaoundéré réaffirme sa mission républicaine et académique : être ce creuset où le savoir devient une arme de construction massive contre l’obscurantisme, et où la diversité linguistique se mue en moteur de progrès.
GAËL TSALA NKOLO




