Le siège de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun (CENC) à Mvolyé a été, ce mardi, le théâtre d’une convergence historique et stratégique. Sous l’impulsion de Mgr Michael Miabesue Bibi, Président de la Commission épiscopale pour la Communication sociale, la totalité de l’écosystème médiatique et communicant catholique camerounais s’est réunie pour la première fois. L’objectif ? Établir les fondations d’une Politique Nationale de gestion et de coordination des médias lors des événements ecclésiaux majeurs. Il ne s’agit plus de communication ad hoc, mais d’une doctrine institutionnelle.

La Communication, Pilier de la Mission
La journée s’est articulée autour d’une volonté de rupture avec les pratiques fragmentées. Le moment décisif fut sans conteste la présentation de Mme Fomucha Mirabelle, Directrice de la Communication du diocèse de Buea. Son exposé, qualifié de “feuille de route pratique et ambitieuse”, a transformé l’atelier en un véritable séminaire d’ingénierie communicationnelle.
Mme Fomucha a mis en exergue l’impératif de structuration face aux défis de l’ère numérique. Son plaidoyer s’est concentré sur cinq axes cruciaux, démontrant une compréhension aigüe des enjeux contemporains :
Régulation du Flux Informationnel : Encadrer la circulation des informations sur les plateformes sociales, souvent vectrices de désinformation.
Partage Missionnaire Responsable : Transformer le contenu médiatique en un outil d’évangélisation et de témoignage, aligné sur la doctrine de l’Église.
Gestion de Crise Proactive : Établir des protocoles d’intervention pour minimiser l’impact des crises médiatiques et protéger l’image institutionnelle.
Alignement Doctrinal : S’assurer que toutes les pratiques médiatiques et journalistiques sont en cohérence avec l’enseignement du Magistère.
Éthique et Professionnalisme : Élever le niveau de qualité du journalisme catholique pour en faire une source d’information fiable et crédible.
Son intervention a posé le postulat selon lequel une communication unifiée n’est pas un luxe, mais une nécessité prophétique pour la crédibilité de l’Église au Cameroun.

L’Effervescence Stratégique des Carrefours
L’étape suivante a marqué un tournant méthodologique. Les participants, répartis par provinces ecclésiastiques, ont initié des travaux en carrefour, s’appuyant sur un instrumentum laboris robuste. Cette démarche a permis de transformer l’abstraction théorique en solutions opérationnelles adaptées aux réalités diocésaines locales.
Les réflexions ont balayé l’ensemble du spectre de la communication institutionnelle :
Harmonisation et Protocole : Mise en place de processus standards et de protocoles stricts, notamment pour l’occupation scénique et les apparitions publiques.
Coordination Stratégique : Définition de stratégies de coordination inter-diocésaines et avec les autorités ecclésiales.

Relations Publiques et Protection : Gestion des relations avec les médias publics/laïcs et protection méticuleuse de l’image de l’Église (surtout face aux réseaux sociaux).
Cadre Juridique : Prise en compte des droits d’auteur et des questions de propriété intellectuelle.
Les propositions issues de ces échanges francs et collaboratifs dessinent une architecture ambitieuse :
Création d’une Agence de Presse Catholique (APC) : Un organisme centralisé pour la production et la diffusion d’informations vérifiées et officielles de l’Église camerounaise.
Affiliation et Standardisation : Rattachement formel des médias catholiques à la CENC pour garantir l’application de la politique nationale.
Partenariat Institutionnel : Renforcement de la collaboration structurée entre les équipes de communication ecclésiale et les autorités publiques.
Professionnalisation : Investissement dans la formation et la structuration professionnelle des équipes de communication.

Le Signal d’une Nouvelle Ère
Ce premier atelier fondateur est un signal fort : l’Église catholique au Cameroun, consciente de l’impact sociétal des médias, choisit de s’équiper d’une communication moderne, cohérente et résolument protectrice de sa mission spirituelle et sociale.
Les conclusions, qui seront soumises à la prochaine Assemblée plénière des évêques du Cameroun, augurent d’une transformation profonde. Le 18 novembre 2025 s’inscrit désormais comme le jour où la communication catholique camerounaise a affirmé son passage de l’empirisme à la doctrine stratégique. Une nouvelle ère, basée sur la collaboration, la structure et la projection future, s’ouvre pour le télégraphe de l’Évangile.
GAËL TSALA NKOLO




