Nord-Cameroun : Le RDPC en démonstration de force pour son 41e anniversaire

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À l’occasion du 41e anniversaire du RDPC, la région du Nord s’est transformée en un vaste théâtre de mobilisation ce 24 mars 2026. De Garoua au Mayo-Oulo, le parti au flambeau a opéré une véritable démonstration de puissance, réaffirmant sa domination territoriale et la fidélité de sa base militante envers le président Paul Biya. Entre célébration de la stabilité nationale et préparatifs stratégiques pour les prochaines échéances électorales, ce jubilé souligne la vitalité d’un appareil politique déterminé à maintenir son hégémonie dans ses bastions septentrionaux.

À Garoua comme dans l’ensemble de la région septentrionale, les célébrations du 24 mars 2026 ont transformé les places publiques en véritables agoras de fidélité au Président Paul Biya. Entre bilan de stabilité et projections électorales, le parti au flambeau réaffirme son hégémonie territoriale.

Le 24 mars 1985, à Bamenda, naissait le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) sur les cendres de l’UNC. Quarante et un ans plus tard, le parti ne se contente plus d’habiter l’histoire ; il sature l’espace politique national. Dans la région du Nord, cette commémoration a pris les traits d’une démonstration de puissance, orchestrée par une base militante dont la ferveur semble intacte malgré l’usure du temps.

Garoua : L’épicentre d’une loyauté renouvelée

L’esplanade de la place des fêtes de Garoua, parée des couleurs nationales sous l’impulsion de la municipalité, a servi de théâtre à ce grand rassemblement des 21 sections de la région. Pour les cadres locaux, cette date dépasse le cadre du simple calendrier protocolaire. Elle est le pivot d’un réengagement militant.

Wamele, président de la section RDPC du Faro, souligne la portée de l’événement : « Cette date symbolique représente un moment de réflexion collective et de renouvellement de notre engagement. Depuis sa création, le RDPC s’est imposé comme un instrument de stabilité et d’unité nationale. » Un constat partagé par Goura Beladji, maire de la ville, qui voit dans l’action du Président National une « impulsion éclairée » ayant permis de transcender les divergences pour servir l’intérêt supérieur de la nation.

Une école de discipline et de conquête

Au-delà de l’aspect festif, le 24 mars 2026 s’inscrit dans une perspective stratégique. Dans le Mayo-Oulo, Abdoulaye Abdoul Razak, président de la section Ouest, affiche une sérénité offensive à l’approche des prochaines échéances locales : « Nous mettons les petits plats dans les grands. Le RDPC triomphera à 100 % dans les urnes. »

Cette confiance repose sur une organisation quasi militaire que Gabriel Mbaïrobé, chef de la délégation permanente départementale du Comité central pour la Bénoué, qualifie d’école de la responsabilité : « Le RDPC est une école de discipline et de service public. Sa grandeur repose sur la loyauté de ses membres. La Bénoué restera, à ce titre, son bastion imprenable. »

Un système à l’épreuve de la longévité

Si la base exulte, l’analyse politique impose de regarder l’envers du décor. Ces 41 ans de règne ininterrompu interrogent la plasticité d’un système qui a su absorber les crises et neutraliser les contestations. La nomination d’Aboubakary Abdoulaye à la tête du Sénat, citée lors des échanges, illustre cette volonté du parti d’enraciner ses élites régionales au sommet de l’appareil d’État.

Alors que le pays s’apprête à affronter de nouveaux défis électoraux, le RDPC démontre dans le Nord qu’il demeure une machine politique redoutable, capable de transformer une célébration anniversaire en un plébiscite de proximité. La “fraternité militante” affichée ce jour à Ngong ou Tcheboa confirme que, pour le parti au pouvoir, la survie politique passe par un maillage territorial sans faille.

GAËL TSALA NKOLO