Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie a réuni, ce jeudi 12 mars 2026 à Yaoundé, les acteurs stratégiques du secteur et les associations de consommateurs. Objectif : lancer une offensive nationale contre un fléau qui coûte 60 milliards de FCFA chaque année à l’État.

Par un après-midi empreinte de gravité, la salle de réunion de l’Immeuble ministériel n°1 a servi de cadre à une mobilisation sans précédent. Face aux responsables de l’ARSEL, de la SONATREL et d’ENEO, mais surtout devant les porte-paroles des usagers, Gaston Eloundou Essomba a dressé un diagnostic sans concession d’un système électrique exsangue, asphyxié par les pratiques illicites.

Un gouffre financier de 60 milliards de FCFA
Le chiffre, martelé par le membre du Gouvernement, souligne l’ampleur du désastre économique. Chaque année, la fraude à l’électricité génère une perte sèche de 60 milliards de FCFA. Pour le Ministre, ce manque à gagner n’est pas qu’une simple ligne comptable ; il représente un frein direct au développement infrastructurel du pays.
« Ces ressources perdues sont autant de kilomètres de lignes non construites, de transformateurs non remplacés et d’investissements non réalisés pour améliorer la qualité du service public », a déploré Gaston Eloundou Essomba. Au-delà des finances, l’insécurité est au cœur des préoccupations. Les branchements anarchiques, responsables de surcharges et d’interruptions de service pour les abonnés réguliers, causent également de nombreux drames humains suite à des accidents électriques mortels.

La traque des « barons » est ouverte
Le point d’orgue de cette rencontre a été la mise en garde solennelle adressée aux réseaux organisés. Le Ministre a nommément désigné les « barons de la fraude », ces intermédiaires de l’ombre qui prospèrent en vendant des accès illégaux au réseau.
Gaston Eloundou Essomba a tenu à clarifier la situation : ces individus n’ont aucun lien avec les autorités ou les opérateurs officiels. En sollicitant leurs services, les populations s’exposent non seulement à des poursuites judiciaires sévères, mais surtout à des risques d’électrocution ou d’incendie. L’appel au civisme est clair : la régularisation auprès des agences compétentes demeure la seule voie de sécurité et de légalité.

Vers une « opération coup de poing » nationale
Cette concertation n’était qu’un prélude. Dès le 16 mars prochain, le Gouvernement déploiera sur l’ensemble du territoire des « opérations coup de poing » pour démanteler les installations non conformes. Loin d’être une action isolée, cette initiative marque le début d’une stratégie de longue durée visant à assainir durablement le secteur.
Soutenus par les associations de consommateurs et des experts en criminologie, les pouvoirs publics entendent transformer l’énergie électrique en un véritable levier de croissance. « L’énergie électrique est un bien commun. Chacun de nous a sa part de responsabilité pour la protéger », a conclu le Ministre, scellant ainsi un pacte de vigilance entre l’État et les citoyens.
GAËL TSALA NKOLO




