
La rumeur a laissé place à la triste réalité. Le silence qui règne aujourd’hui à l’usine de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM) de Garoua n’est pas le fruit d’une simple pause estivale, mais celui d’un arrêt définitif et brutal. Derrière les murs de cette usine, autrefois fleuron de l’industrie textile nationale, se cache un drame social et économique qui révèle une triste vérité sur le mal qui ronge le Cameroun : une corruption systémique et une gouvernance défaillante.
Ce qui s’est passé à la CICAM ne s’explique pas uniquement par les difficultés financières ou la concurrence asiatique, comme on veut bien nous le faire croire. C’est le résultat d’années de mauvaise gestion, de détournements de fonds et d’un manque de vision stratégique qui a conduit à une faillite morale avant même la faillite financière. L’entreprise, qui recevait pourtant des subventions publiques et bénéficiait d’un marché local prometteur, a été vidée de sa substance par une élite corrompue qui a préféré s’enrichir plutôt que de servir l’intérêt général.

Un drame humain, un appel au secours ignoré
L’arrêt des machines a fait basculer la vie de centaines de familles dans la précarité. Pour ces anciens techniciens, ouvriers et agents d’entretien, le choc a été violent. Des hommes et des femmes qui ont consacré leur vie à l’entreprise se retrouvent aujourd’hui sans revenu, endettés, leurs enfants déscolarisés. Le témoignage poignant de Mohamadou Sali, ancien contremaître, est un cri du cœur pour ces laissés-pour-compte : « La CICAM nous a oubliés. »
Ce drame humain est le symptôme d’une indifférence coupable de l’État, censé être le garant de la justice sociale. L’inaction des autorités face à l’abandon de ces centaines de travailleurs est un signal désastreux. Elle renforce le sentiment d’impunité et le cynisme ambiant. La corruption n’est pas seulement le vol de l’argent public, c’est aussi le vol de l’espoir et de la dignité.
Un drame humain, un appel au secours ignoré
L’arrêt des machines a fait basculer la vie de centaines de familles dans la précarité. Pour ces anciens techniciens, ouvriers et agents d’entretien, le choc a été violent. Des hommes et des femmes qui ont consacré leur vie à l’entreprise se retrouvent aujourd’hui sans revenu, endettés, leurs enfants déscolarisés. Le témoignage poignant de Mohamadou Sali, ancien contremaître, est un cri du cœur pour ces laissés-pour-compte : « La CICAM nous a oubliés. »
Ce drame humain est le symptôme d’une indifférence coupable de l’État, censé être le garant de la justice sociale. L’inaction des autorités face à l’abandon de ces centaines de travailleurs est un signal désastreux. Elle renforce le sentiment d’impunité et le cynisme ambiant. La corruption n’est pas seulement le vol de l’argent public, c’est aussi le vol de l’espoir et de la dignité.

L’effet domino : quand la corruption tue l’économie locale
La faillite de la CICAM a eu un effet dévastateur sur l’ensemble de l’économie de Garoua. Des commerçants, transporteurs et autres prestataires de services qui dépendaient de l’activité de l’usine ont vu leurs revenus s’effondrer. Ce qui était une crise industrielle s’est transformé en une véritable catastrophe économique régionale.
Ce qui est le plus absurde dans cette situation, c’est que le Cameroun, l’un des principaux producteurs de coton en Afrique centrale, est aujourd’hui contraint d’importer des tissus pour combler un vide créé par l’incompétence et la cupidité de sa propre élite. Ce paradoxe révèle une contradiction flagrante entre le potentiel économique du pays et la réalité de sa gestion.

L’État face à ses responsabilités
Face à cette crise, l’inaction de l’État n’est plus une option. Il s’agit de secourir des centaines de familles dans le besoin, mais aussi de restaurer la crédibilité de ses politiques industrielles. Redonner vie à la CICAM de Garoua ou lancer un projet industriel alternatif est un enjeu de taille.
Il ne s’agit pas seulement de relancer une usine, mais de rétablir un lien de confiance entre les citoyens et les institutions. C’est l’occasion pour l’État de démontrer sa capacité à lutter contre la corruption, à protéger ses travailleurs et à relancer une économie locale en perdition.
Quel avenir pour les anciens employés de la CICAM et pour l’économie de Garoua ? L’État osera-t-il affronter ses propres démons pour redonner un espoir à toute une région ?
GAËL TSALA NKOLO



