Le Palais des Congrès de Yaoundé a prêté son cadre, ce 23 avril 2026, à l’ouverture de la Conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF). Sous la présidence du Dr Marie-Thérèse Abena Ondoa, ces assises marquent une étape décisive dans la stratégie gouvernementale de protection des vulnérables et de consolidation du socle familial.

Placée sous le thème évocateur de « l’autonomisation des femmes et des familles dans un contexte marqué par des fléaux sociaux émergents », cette conférence s’inscrit dans la droite ligne des orientations définies par le Chef de l’État lors de son investiture le 6 novembre 2025. L’enjeu est de taille : transformer les directives politiques en actions concrètes pour répondre aux attentes, parfois impatientes, de l’opinion publique.

Une fermeté législative face à la barbarie
Le discours d’ouverture de Madame le Ministre a été marqué par une solennité singulière, ponctuée par l’observation d’une minute de silence. Le constat est en effet alarmant : une trentaine de féminicides et plusieurs cas d’infanticides ont été recensés pour le seul premier trimestre de l’année 2026.
Face à cette banalisation de l’horreur, souvent perpétrée dans le cercle intime — conjoints, voisins ou proches — le gouvernement annonce un durcissement de l’arsenal répressif. Un projet de loi est actuellement à l’étude pour sanctionner avec la plus grande sévérité les auteurs d’actes barbares et les discours de haine qui s’amplifient sur les plateformes numériques.

L’autonomisation économique comme bouclier
Pour le MINPROFF, la sécurité physique des femmes est indissociable de leur indépendance financière. Dans cette optique, une enveloppe substantielle de 50 milliards de FCFA est mobilisée afin de soutenir l’entrepreneuriat féminin et les initiatives des jeunes. Ce levier économique vise à extraire les familles de la précarité, terreau fertile des violences et des dysfonctionnements sociaux.

Une synergie d’action sur l’ensemble du territoire
La ministre a tenu à saluer l’engagement des cadres venus des dix régions, et particulièrement de ceux exerçant dans les zones en crise (Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest). Leur expérience de terrain est jugée indispensable pour affiner la nouvelle cartographie des programmes du ministère et assurer un suivi rigoureux des performances.
Au-delà des chiffres et des stratégies, cette conférence annuelle ambitionne de restaurer la dignité des familles camerounaises. En questionnant sans détour l’efficacité de ses interventions, le MINPROFF s’engage dans une mutation nécessaire pour que la protection des droits ne soit plus un idéal, mais une réalité tangible pour chaque citoyen.
GAËL TSALA NKOLO




