Présidentielle 2025 : un plaidoyer choc pour un Cameroun juste et prospère

0
324

À l’approche des élections présidentielles de 2025, le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (Cradec) sonne l’alarme et propose une feuille de route audacieuse pour les futurs dirigeants du Cameroun. À travers un plaidoyer incisif, l’organisation appelle à une gouvernance intègre, une justice fiscale et une redistribution équitable des richesses. L’objectif est clair : restaurer la confiance des citoyens et bâtir une nation où la prospérité est partagée par tous.

Lutter contre la corruption, un impératif économique

Le Cradec met en lumière l’impact dévastateur de la corruption, qui prive le pays de près de 500 milliards de FCFA chaque année. Un chiffre astronomique qui justifie une action immédiate. L’organisation pointe du doigt l’ineffectivité de l’article 66 de la Constitution, qui oblige les responsables publics à déclarer leurs biens, mais reste trop souvent ignoré. Pour y remédier, le Cradec propose des mesures concrètes :

Rendre les déclarations de biens obligatoires et publiques.

Réduire les détournements et la surfacturation dans les marchés publics.

Créer une instance de contrôle indépendante avec un pouvoir de sanction réel.

Selon l’organisation, une telle réforme pourrait générer 30 % de recettes fiscales supplémentaires en cinq ans, sans pour autant peser sur les ménages les plus vulnérables. C’est une solution gagnant-gagnant pour l’État et la population.

Mieux exploiter les richesses nationales

Le Cameroun, riche en ressources naturelles, reste pourtant dépendant de l’aide extérieure. L’opacité autour des secteurs minier et pétrolier, qui représentent pourtant un cinquième du budget national, est un frein majeur au développement. Le Cradec préconise une transparence accrue pour mobiliser des ressources équitables et durables :

Publier systématiquement les contrats extractifs.

Réformer la fiscalité minière et pétrolière pour une répartition plus juste des bénéfices.

Digitaliser les paiements fiscaux pour minimiser la corruption, à l’instar du Rwanda qui a vu ses recettes augmenter de 60 % après une initiative similaire.

Ces réformes ciblées permettraient non seulement d’accroître les revenus de l’État mais aussi de rassurer les investisseurs étrangers sur la solidité et l’éthique de l’économie camerounaise.

Stopper l’hémorragie des flux financiers illicites

Avec une perte de près de 1 700 milliards de FCFA en 2023 due aux flux financiers illicites, le Cameroun se voit amputer de l’équivalent des budgets de l’éducation et de la santé réunis. Face à cette fuite de capitaux, le Cradec propose de renforcer l’arsenal juridique et institutionnel :

Créer un registre public des bénéficiaires effectifs des entreprises.

Renforcer la législation anti-blanchiment.

Donner plus de moyens aux organes de contrôle comme l’ANIF et les douanes.

Ces mesures pourraient réduire de 40 % les capitaux illicites en cinq ans, améliorant ainsi la crédibilité financière du Cameroun sur la scène internationale.

L’inclusion des jeunes et des femmes, levier de croissance

Malgré une démographie majoritairement féminine (plus de 52 %), les femmes restent largement sous-représentées en politique (moins de 10 % des députés) et dans le secteur bancaire (moins de 15 % d’accès au crédit). Pour libérer ce potentiel, le Cradec plaide pour des mesures d’inclusion forte :

Une loi sur la parité avec un quota de 30 % de femmes et jeunes dans les instances de décision.

Une budgétisation sensible au genre dans toutes les administrations.

La création d’un fonds national pour soutenir les projets des jeunes et des femmes entrepreneurs.

L’inclusion de ces deux catégories de la population n’est pas qu’une question de justice sociale, c’est aussi un puissant moteur de croissance économique.

Un appel solennel aux candidats

Ce plaidoyer du Cradec est plus qu’une simple liste de recommandations ; c’est un véritable appel à la conscience des candidats. Il les invite à rompre avec les pratiques du passé et à s’engager résolument pour une nouvelle ère de gouvernance. Le message final est percutant : « un Cameroun juste et prospère ne peut naître que de la volonté politique de mettre les richesses nationales au service de tous ». Les électeurs attendent de voir lequel des candidats sera le plus à même de relever ce défi.

GAËL TSALA NKOLO