De la fibre au capital social : Le Centre Gaaraadji, catalyseur d’autonomisation féminine, au cœur des préoccupations du MINPROFF

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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Mme ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse, a reçu en audience, dans la salle des Conférences du Ministère, Mme Sonia EYEFFA HAYATOU, Fondatrice du Centre Gaaraadji. Cette rencontre institutionnelle souligne l’intérêt stratégique des pouvoirs publics pour les initiatives de la société civile qui articulent avec pertinence la valorisation du patrimoine culturel et l’ingénierie du développement socio-économique des communautés, en particulier des femmes.

Un Dialogue Fructueux autour de l’Économie Créative et Solidaire


Le Centre Gaaraadji, basé à Garoua (Nord Cameroun), se positionne comme un laboratoire d’innovation sociale en faisant de l’art du tissage un véritable levier d’émancipation. L’entretien a permis à Mme EYEFFA HAYATOU de détailler l’approche de sa structure, fondée sur la conviction que l’art et la culture constituent des outils puissants de transformation communautaire et des vecteurs d’espoir.

« Chaque fil peut devenir un message d’espoir. » – Mme Sonia EYEFFA HAYATOU

Les principaux axes de travail du Centre, présentés à la Ministre, révèlent une chaîne de valeur intégrée :

Production et Valorisation du Local : Transformation du coton brut local en pagnes tissés uniques, qui conjuguent l’identité culturelle camerounaise et les impératifs d’une esthétique contemporaine. Ces créations incarnent un « textile porteur d’histoire et de fierté ».

Transmission et Pérennité : Le Centre de Formation au Tissage Traditionnel assure la transmission de ce savoir noble, agissant comme un « lieu de transmission, d’apprentissage et d’excellence » pour la préservation du patrimoine textile africain.

Autonomisation Économique : La promotion de l’artisanat et de la créativité est directement liée au renforcement de l’indépendance économique des femmes formées, transformant un savoir-faire ancestral en un capital productif et social.

Le Tissage comme Matrice d’Identité et de Transformation


Au-delà de sa dimension purement artisanale, le tissage est appréhendé par Gaaraadji comme un acte anthropologique et politique. Il est un art ancestral qui garantit la transmission intergénérationnelle, la valorisation identitaire et la résilience culturelle. En utilisant des ressources locales et en intégrant une dimension moderne à la tradition africaine, Gaaraadji propose un modèle de développement endogène centré sur la ressource humaine et matérielle locale.

Perspectives de Collaboration Public-Privé


La Ministre ABENA ONDOA a vivement salué la démarche du Centre, en soulignant l’alignement de cette initiative privée sur les objectifs du MINPROFF en matière de développement socio-économique et d’autonomisation des femmes au Cameroun. Elle a insisté sur la nécessité d’une collaboration synergique entre les institutions gouvernementales et les initiatives privées pour démultiplier l’impact de ces actions sur le terrain.

L’audience s’est conclue sur un engagement mutuel à explorer les voies de partenariat et de soutien, renforçant ainsi la dynamique en faveur de l’égalité et de la valorisation de la culture camerounaise comme moteur de progrès social. La convergence des vues entre le MINPROFF et le Centre Gaaraadji illustre une reconnaissance croissante du rôle crucial des industries culturelles et créatives dans la construction d’un avenir plus solidaire et économiquement indépendant pour les femmes camerounaises.

GAËL TSALA NKOLO