À la veille d’une finale sous haute tension entre le Maroc et le Sénégal, les coulisses de la CAF s’embrasent. Le football africain a-t-il vendu son âme ? À Rabat, la finale Maroc-Sénégal ne ressemble plus à une fête, mais à un règlement de comptes. Tandis que le Maroc est accusé d’exiger le sacre en échange du sauvetage logistique de la CAF pour 2028, le traitement infligé aux champions sénégalais et l’impunité accordée aux officiels marocains crient à l’injustice. Du duel Eto’o-Motsepe aux épisodes de sabotage technique, plongée dans les coulisses d’une CAN où l’éthique semble avoir été mise hors-jeu.
Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat s’apprête à accueillir, ce dimanche 18 janvier 2026, l’épilogue d’une CAN 2025 qui restera dans les annales, non pas pour la beauté du jeu, mais pour l’ombre persistante qui plane sur sa direction. Alors que le ballon doré « ITRI » attend les finalistes, le climat est loin d’être à la fête.

Le Chantage de 2028 : Le Maroc, Seul Maître à Bord ?
Le séisme est venu des coulisses du Comité Exécutif de la CAF. Face à l’impasse logistique de l’édition 2028 — date marquant le passage controversé à une périodicité quadriennale — l’instance faîtière se retrouve dos au mur. Selon les révélations du journaliste Romain Molina, le Maroc aurait posé une condition sine qua non pour « sauver » la CAF et organiser l’édition suivante : le sacre impératif des Lions de l’Atlas demain soir.
L’Égypte ayant décliné l’offre, la CAF de Patrice Motsepe se retrouve pieds et poings liés face à Fouzy Lekjaa. Un deal de dupes qui interroge sur l’intégrité de la compétition : peut-on encore parler de sport quand l’organisation d’un tournoi futur sert de monnaie d’échange pour un trophée présent ?

Deux Poids, Deux Mesures : L’Ombre de Samuel Eto’o
L’indignation monte également sur le terrain de la discipline. Le contraste est saisissant, pour ne pas dire insultant. D’un côté, Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, lourdement sanctionné (11 millions de FCFA d’amende et 4 matchs de suspension) pour des protestations en tribune. De l’autre, un Fouzy Lekjaa véhément dans les loges VIP lors de Maroc-Nigeria, resté impuni malgré une attitude identique sous les yeux de Motsepe.
Plus grave encore, l’épisode des « serviettes volées » au portier nigérian par des ramasseurs de balles et membres de la sécurité marocains. Un geste anti-fair-play manifeste, documenté par la vidéo, face auquel la CAF oppose un silence assourdissant. La question brûle toutes les lèvres : la loi s’arrête-t-elle aux frontières de l’influence marocaine ?

Déstabilisation des Lions de la Teranga : Un Accueil de District

Le Sénégal, champion en titre de l’édition 2019 jouée en 2022 au Cameroun , a goûté hier au “traitement spécial” réservé aux adversaires de l’hôte. Arrivée à la gare de Rabat sans escorte sécuritaire, joueurs livrés à la foule, refus de donner l’accès au terrain pour la reconnaissance officielle… Les manœuvres d’intimidation se multiplient. Proposer le complexe Mohamed V — base arrière du Maroc — aux Sénégalais pour leur dernier entraînement relève soit de l’incompétence, soit de la provocation pure et simple.
Ce sentiment de peur qui anime les Marocains est flagrant,” glisse un observateur averti. “Incapables de dominer la Tanzanie sans aide arbitrale, ils tentent de gagner la finale avant même le coup d’envoi.

Vers une Révolte au sein du Comex ?
L’avenir du football africain se joue peut-être au-delà de la finale. Lors de la dernière réunion à Rabat, Samuel Eto’o s’est érigé en chef de file des contestataires contre la réforme de la périodicité de la CAN (passage aux 4 ans), un projet porté par Motsepe sous la pression de la FIFA et de l’UEFA.
Le ballon “ITRI” brillera de reflets dorés, mais l’éclat de cette finale est déjà terni. Si le Maroc a besoin de 15 joueurs contre 11, de ramasseurs de balles pickpockets et d’un président de la CAF sous tutelle pour espérer battre le Sénégal, c’est qu’il a déjà perdu la bataille du prestige.

Le terrain reste, heureusement, le dernier bastion de la réalité. Dimanche, le Sénégal ne jouera pas seulement contre 11 joueurs, mais contre tout un système. Et si la justice existe encore, le silence des joueurs sénégalais au moment de recevoir leurs médailles des mains d’un exécutif corrompu sera le plus beau cri de révolte de l’histoire du football africain. Dans le cas contraire, c’est toute la crédibilité de Patrice Motsepe, perçu par beaucoup comme une “marionnette” de l’axe Rabat-Zurich, qui volera en éclats.


GAËL TSALA NKOLO




