La clôture de la conférence annuelle 2026 des responsables du MINPROFF marque un tournant décisif vers l’action concrète pour la région du Nord . Face aux défis socio-économiques et culturels de la région, les délégués Abdoulaye Amora et Aboubakar Cindiki posent les bases d’une administration renouvelée, centrée sur l’éthique du fonctionnaire et l’autonomisation financière des femmes. Entre lutte contre les violences de genre et promotion de la masculinité positive, cette rencontre dessine une stratégie de proximité pour transformer durablement la condition familiale septentrionale.

La clôture de la conférence annuelle des responsables du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) marque une transition nécessaire : celle du discours vers la praxis. Dans une région septentrionale aux défis singuliers, les déclarations d’Abdoulaye Amora et d’Aboubakar Cindiki, respectivement délégué régional du Nord et délégué départemental du Mayo-Louti, dessinent les contours d’une administration qui cherche à réinventer son rapport à l’usager.
L’un des points saillants de cette rencontre de 2026 réside dans l’introspection imposée aux agents de l’État. Au-delà des missions régaliennes, c’est la posture du fonctionnaire qui a été scrutée. Abdoulaye Amora souligne l’importance de l’éthique et de la déontologie. Dans un contexte de rareté des ressources, la conservation des acquis et le respect des biens publics deviennent des impératifs moraux autant que managériaux. L’assiduité et la lutte contre l’absentéisme ne sont plus de simples exigences administratives, mais les conditions sine qua non d’une efficacité retrouvée sur le terrain.

L’autonomisation comme rempart contre la vulnérabilité
Le diagnostic est clair : la fragilité de la cellule familiale et les violences basées sur le genre (VBG) se nourrissent souvent de la dépendance économique. Pour Aboubakar Cindiki, l’autonomisation des femmes constitue le levier principal pour réduire les fléaux tels que les féminicides ou les infanticides. « Une femme autonome n’est plus vulnérable », martèle-t-il, invoquant l’image du balai pour illustrer la force de l’action collective et associative.
Cette autonomisation doit s’accompagner d’une lutte acharnée contre les pesanteurs socioculturelles. Dans le Nord, le décrochage scolaire des jeunes filles dès le CM2 — prélude aux mariages précoces — demeure un frein au développement. La stratégie repose ici sur une diplomatie de proximité : médiation auprès des parents, dialogue avec les fiancés et implication des autorités traditionnelles et religieuses.

La masculinité positive et la synergie des acteurs
L’innovation majeure de cette approche réside dans l’intégration de la « masculinité positive ». Il s’agit de déconstruire l’idée que la promotion de la femme se fait contre l’homme. Au contraire, elle exige une compréhension mutuelle et une implication masculine pour transformer les regards.

Cependant, le MINPROFF reconnaît ses limites matérielles. L’action publique s’inscrit désormais dans une chaîne de solidarité incluant les ONG, les associations et les autres départements ministériels. Le recours au numéro vert 116 et la création de clubs « genre » en milieu scolaire témoignent de cette volonté de mailler le territoire.
Au demeurant , cette conférence de 2026 appelle à un engagement qui dépasse le cadre symbolique des célébrations annuelles. L’enjeu est de transformer chaque structure déconcentrée en un sanctuaire d’écoute et d’action, où la dénonciation des violences et l’accompagnement des survivantes deviennent la norme, et non l’exception. Pour les populations du Nord, l’espoir réside désormais dans la capacité de ces responsables à traduire ces apprentissages en réalités palpables.
GAËL TSALA NKOLO




