Biou : Les Populations Consultées sur l’Impact Environnemental du Projet Quarrycam

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Le 19 juin 2025, la chefferie de 2ème degré du canton de Biou, dans le Nord-Cameroun, a accueilli une consultation publique d’une grande importance. Organisée dans le cadre du projet d’exploitation de calcaire porté par la société Quarrycam, cette rencontre a permis de présenter aux populations les résultats de l’étude d’impact environnemental (EIE), tout en leur donnant l’occasion d’exprimer leurs préoccupations. Ce processus participatif incarne une approche moderne du développement, fondée sur la transparence, l’écoute et la responsabilité.

Une étape déterminante pour l’avenir de Biou

Le projet Quarrycam s’inscrit dans la dynamique nationale de valorisation des ressources locales pour soutenir l’industrialisation du pays. Le calcaire de Biou, matière première clé pour la production de clinker et de ciment, représente un potentiel économique considérable. Toutefois, comme pour tout projet extractif, la réussite ne peut être évaluée uniquement sur le plan économique. Les impacts sur l’environnement, la santé des populations, la biodiversité et les activités locales sont autant de critères essentiels à considérer.

C’est pourquoi Quarrycam a mandaté le cabinet H&B Consulting pour conduire une EIE complète et soumise à validation publique. Cette étude, rendue publique lors de la rencontre, a constitué le socle d’un dialogue ouvert et franc entre les promoteurs du projet, les chefs traditionnels, les autorités administratives et les habitants de Biou.

Un échange inclusif et constructif avec la communauté

Durant la séance, les experts de H&B Consulting ont présenté les résultats de l’étude avec pédagogie. Ils ont expliqué les enjeux, les risques identifiés et surtout les mesures de mitigation prévues. L’accent a été mis sur plusieurs points critiques :
• La gestion stricte des déchets générés par les activités d’extraction.
• La protection des nappes phréatiques et des cours d’eau environnants contre toute forme de pollution.
• Le contrôle rigoureux des émissions de poussière pour préserver la qualité de l’air.
• La sauvegarde des espèces végétales et animales menacées par l’aménagement du site.

Les représentants de Quarrycam ont pris la parole à leur tour pour réaffirmer leur volonté d’agir dans le respect des lois environnementales et des attentes des riverains. Ils ont promis que le chantier n’engagera aucune phase sans validation des autorités compétentes et sans information claire aux populations.

Une forte implication des autorités traditionnelles

Les chefs traditionnels, garants des valeurs locales et de la cohésion communautaire, ont joué un rôle central dans la consultation. Ils ont formulé des suggestions pratiques pour améliorer la cohabitation entre l’activité minière et les usagers des terres. Ils ont notamment demandé un suivi régulier des engagements pris, la création d’un comité local de veille environnementale, et une meilleure prise en compte des zones agricoles et sacrées.

Les populations, quant à elles, ont évoqué les retombées socioéconomiques attendues : création d’emplois, ouverture de voies d’accès, électrification, appui aux établissements scolaires et centres de santé. Elles ont insisté pour que ces bénéfices soient contractualisés et répartis équitablement, afin d’éviter les frustrations souvent liées aux grands projets.

Vers un partenariat durable et équilibré

À l’issue de la rencontre, un climat de confiance s’est installé. Le processus, bien qu’encore au stade de la concertation, est perçu comme un modèle de développement inclusif. Le fait que les populations soient consultées avant le démarrage effectif des travaux marque une avancée dans la gouvernance minière locale.

Cette démarche proactive répond aussi aux attentes internationales en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). En instaurant une communication ouverte dès le départ, Quarrycam anticipe les conflits potentiels, renforce son acceptabilité sociale, et pose les bases d’un ancrage local durable.

Un avenir à construire ensemble

Biou se trouve à un carrefour décisif. Le défi consiste désormais à transformer cette promesse de développement en réalité palpable pour les habitants, sans compromettre l’équilibre écologique ni les droits coutumiers. La suite du projet devra s’accompagner d’un suivi rigoureux, de rapports périodiques accessibles à tous, et de mécanismes clairs de réparation en cas de préjudice.

En choisissant la voie du dialogue, Quarrycam donne une leçon de bonne gouvernance. Et en saisissant cette opportunité de se faire entendre, les populations de Biou démontrent qu’un développement juste et durable est possible, dès lors que chacun joue pleinement son rôle.