Notre tradition est d’une telle richesse et d’une telle ancienneté qu’il faut savantissime pour n’en définir rien que ses contours à défaut de les explorer. « Le jour où le Bamiléké retrouvera l’atome originel de sa tradition actuellement hybride, la terre deviendra vraiment édénique et les peuples nous copieront et il n’y aura plus de bruits de canons et des bottes ».
Cette assertion semble utopique à première vue, mais il faut prendre le temps de lire nos articles (découvertes) pour mieux l’appréhender. La colonisation, avec l’épée démoniaque du christianisme, y a semé le « bordel » tant elle a tout chamboulé, tout bouleversé, tout mis sens dessus-dessous.
Entamons notre premier article de la série par le “Sacré” chez le montagnard de l’Ouest.
La forêt a toujours été pour l’homme Bamiléké un endroit où conserver son trésor spirituel, social, culturel et économique. Les réunions secrètes (Conseil des Notables, Presbyterium, Tribunal des personnalités importantes, concertations, conseils de guerre, etc.) se tenaient en forêt, au pied de l’arbre millénaire qui était généralement une essence précieuse.
Avant les années 80, il y avait dans tous les villages Bamiléké, un arbre géant d’un diamètre d’au moins deux mètres et c’est à ses pieds que l’on déposait son fardeau si l’on était fourbu ou ses bagages quand on voulait se rendre pour quelques temps chez un ami ou à la chefferie pour annoncer une nouvelle.
Le fardeau ou les bagages pouvaient faire une semaine, voire un mois au pied de l’arbre sacré sans qu’un main malveillante ne les touche ou qu’un brigand le chaparde. Les plus grands bandits évitaient de toucher aux affaires déposées sous l’arbre sacré sous peine de malédiction !
