Les personnes vivantes avec un handicap réclament une place de choix à la chambre haute. Après la publication du verdict des urnes des élections sénatoriales du 25 mars 2018 en audience solennelle du conseil constitutionnel le 05 Avril dernier, les personnes socialement vulnérables comptent sur le président de la République pour avoir leurs représentants parmi les 30% des sénateurs qui seront nommés dans les prochains jours.
Au moment où l’on attend la nomination des 30 autres sénateurs pour compléter à 100 le nombre déjà élus, les personnes handicapées espèrent en la discrétion de S.E. Paul Biya pour défendre leur cause au parlement. Dans un plaidoyer, François Kenfack, Directeur Exécutif de la Plateforme Nationale des Organisations de Promotion de l’Inclusion des Personnes Handicapées du Cameroun, justifie que « les personnes handicapées représentent environ 15% de la population mondiale selon le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé publié en 2011. Au Cameroun, ceci correspond à trois millions de personnes handicapées, un chiffre supérieur à la population totale des pays tels que le Gabon ou encore un pays européen ou américain ».
Pour François Kenfack, « divers textes internationaux et nationaux consacrent la participation pleine et effective des personnes handicapées à la vie politique et publique de leurs pays, notamment la Convention des Nations Unies relative aux droits des Personnes Handicapées (CNUDPH) et la Loi camerounaise N°201 0/002 du 13 avril 2010, relative à la Protection et Promotion des Personnes Handicapées ». Par conséquent, le président de la République se doit de rendre concret cette disposition de la CNUDPH. L’article 29 de ladite convention dispose que « les États Parties garantissent aux personnes handicapées la jouissance des droits politiques et la possibilité de les exercer sur la base de l’égalité avec les autres ». Dans la même lancée, le Directeur Exécutif de la Plateforme Nationale des Organisations de Promotion de l’Inclusion des Personnes Handicapées du Cameroun convoque une disposition de la loi d’avril 2010, en son article 27 qui stipule que « l’État encourage la présence des personnes handicapées dans différentes instances de la vie sociale et politique » pour légitimer leur attente.
Les personnes handicapées pensent que « malgré les efforts de promotion des droits civils et politiques des personnes handicapées au Cameroun, le taux de participation à la vie politique et publique est encore très faible ». Ceci peut s’expliquer entre autres, par la faible application des dispositions juridiques et légales internationales et nationales, une loi électorale un peu trop globalisante sur la question des composantes sociologiques et la persistance des préjugés sur le handicap qui font encore de la personne handicapée un être entièrement à part, incapable de contribuer à la vie de la société.
