Le FEICOM et l’UNICEF Cameroun ont renouvelé, le 7 mai 2026 à Mvengue, leur accord-cadre de collaboration jusqu’en 2029. Cette mission conjointe marque une étape décisive pour l’initiative « Commune Amie des Enfants », avec pour ambition d’intégrer cet arrondissement de la région du Sud au programme d’ici août prochain. Le projet vise à répondre aux défis urgents de la localité, notamment la régularisation de l’état civil — où seuls 2 057 enfants sur 12 619 disposent d’un acte de naissance — ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau, à la santé et à une éducation inclusive.

La localité de Mvengue, située dans la région du Sud, a servi de cadre, le jeudi 7 mai 2026, à une étape majeure de l’agenda social camerounais. Une mission conjointe, conduite par le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM) et l’UNICEF Cameroun, y a officialisé le renouvellement de leur partenariat stratégique. Cet engagement, désormais projeté à l’horizon 2029, vise à consolider le socle des droits fondamentaux de l’enfant au cœur des politiques de développement local.
Une convergence stratégique pour le capital humain
Loin d’être une simple formalité protocolaire, ce renouvellement d’accord-cadre s’inscrit dans une logique de continuité opérationnelle. Il répond aux impératifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), qui érige le développement du capital humain en levier de la transformation structurelle du pays.
En alignant les interventions locales sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) — notamment l’accès à une éducation de qualité (ODD 4) et la solidité des institutions (ODD 16) — les deux partenaires réaffirment une doctrine claire : la résilience d’un territoire se mesure à sa capacité à protéger ses citoyens les plus vulnérables.
Mvengue : Un laboratoire de défis et d’espérances
Le choix de l’arrondissement de Mvengue pour cette annonce n’est pas fortuit. Territoire aux réalités complexes, il compte environ 12 619 enfants répartis dans 47 villages. Le diagnostic établi lors de la mission révèle des chantiers urgents, notamment en matière d’état civil : seuls 2 057 mineurs disposent d’un acte de naissance. À cette précarité administrative s’ajoutent des besoins pressants en infrastructures sanitaires, en accès à l’eau potable et en personnels enseignants qualifiés.
Face à ce constat, l’initiative « Commune Amie des Enfants » (CAE) apparaît comme une réponse structurelle. Philippe Camille Akoa, Directeur Général du FEICOM, a souligné l’ambition de cette démarche qui consiste à transformer ces contraintes en opportunités de développement, avec pour objectif l’intégration de Mvengue au réseau CAE d’ici août 2026.
Une approche multisectorielle à l’horizon 2029
Pour Nadine Perrault, Représentante de l’UNICEF au Cameroun, la plus-value de ce partenariat réside dans son caractère holistique. Le protocole d’accord ne se limite pas à la construction d’infrastructures scolaires ; il prévoit une imbrication des secteurs de la santé, de la protection et de l’éducation.
Le bilan des actions passées témoigne déjà de l’efficacité de cette synergie : réhabilitation d’écoles à Mutengene, mise en place de la radio communautaire de Bikok, distribution de 1 300 tablettes numériques et création de cantines scolaires.
En associant l’expertise technique de l’organisme onusien à la puissance financière et structurelle du FEICOM, les collectivités territoriales décentralisées disposent désormais d’un levier robuste pour garantir que chaque enfant, même dans les zones les plus reculées, puisse bénéficier d’une égalité de chances réelle. L’investissement dans l’enfance à Mvengue devient ainsi la pierre angulaire de la construction du Cameroun de demain.
GAËL TSALA NKOLO