Home Actualités De l’assistance à l’investissement, le nouveau paradigme de l’inclusion

De l’assistance à l’investissement, le nouveau paradigme de l’inclusion

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L’activation de la phase II du projet Filets Sociaux Adaptatifs et d’Inclusion Économique (PFS-AIE) dans la région du Nord marque un tournant structurel dans la politique de développement du Cameroun. La mise en place, ce 10 février 2026 à Garoua, des comités de sélection pour le « Concours de plans d’affaires » (CPA) traduit une ambition claire : substituer à la seule logique de secours une stratégie de performance économique.

L’ancrage dans la réalité productive

Le ciblage des petites et moyennes entreprises, qu’elles soient formelles ou informelles, répond à un impératif de pragmatisme. En concentrant l’appui financier — des subventions allant de 5 à 10 millions de FCFA — sur des structures ayant déjà une existence de un à trois ans, l’État et la Banque mondiale visent le franchissement du « plafond de verre » de la subsistance.

Pour les 1 000 jeunes promoteurs retenus dans les six pôles urbains du pays, ce capital représente bien plus qu’une injection de liquidités. Il constitue un levier d’organisation interne et de modernisation technique, souvent inaccessible via les circuits bancaires traditionnels en raison des exigences de garanties hypothécaires.

Une rigueur statistique au service de l’équité

La crédibilité de ce dispositif repose sur son architecture institutionnelle. La collaboration entre l’Unité de gestion du projet et l’Institut National de la Statistique (INS) garantit une sélection fondée sur des données objectives. L’utilisation de l’Enquête sur les conditions de vie des ménages (ECVM) pour affiner le ciblage de 10 500 nouveaux foyers démontre une volonté de transparence. Cette rigueur scientifique est le seul rempart efficace contre le clientélisme et assure que l’aide irrigue prioritairement les zones de précarité identifiées.

Le défi de la transformation durable

L’enveloppe globale, portée à 166 milliards de FCFA après les ajustements liés aux chocs climatiques de 2024, témoigne de la confiance des partenaires internationaux. Toutefois, le succès final de cette initiative ne se mesurera pas au volume des décaissements, mais à la pérennité des unités économiques créées.

Le passage de 2 000 à plus de 385 000 ménages impactés depuis 2013 illustre un changement d’échelle massif. Pour que cet effort budgétaire devienne un moteur de croissance locale, l’accompagnement technique devra être aussi robuste que le financement initial. En articulant transferts monétaires d’urgence et soutien à l’auto-emploi, le Cameroun densifie son filet de sécurité tout en misant sur le dynamisme de sa jeunesse pour stabiliser son tissu social.

GAËL TSALA NKOLO

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