La Commune d’Arrondissement de Yaoundé V dans le département du Mfoundi, région du Centre du Cameroun a solennellement inauguré ce mercredi une infrastructure marchande d’une envergure nouvelle : un marché spécialisé de viande conçu selon les standards sanitaires les plus rigoureux. L’événement, qui s’est déroulé en présence de hautes personnalités nationales et internationales, marque un tournant décisif pour la capitale dans la gestion de la chaîne de valeur des produits périssables et la protection de la santé publique.

Rupture Paradigmatique et Impératif Sanitaire
Né du Projet de Développement des Chaînes de Valeur de l’Élevage et de la Pisciculture (PDCVEP), financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), ce nouvel équipement transcende la simple fonction commerciale. Il s’agit d’un complexe technique intégré, destiné à éradiquer les pratiques informelles préjudiciables à l’hygiène alimentaire.
L’ouvrage déploie un dispositif froid impressionnant et structurant :
20 boutiques modernes intégrant des étals protégés et des systèmes de réfrigération individuels.
Une chambre froide de 40 m³ assurant la rupture de la chaîne du froid grâce à une capacité de maintien jusqu’à −22
∘
C, garantissant une conservation optimale des denrées.
Cette configuration, complétée par une logistique sécurisée (clôture avec double accès) et des aménagements de confort (VRD, blocs sanitaires genrés), positionne Yaoundé V en véritable laboratoire de l’investissement public efficient au service de la santé du consommateur.
La Triangulation GAGNANTE : BAD, État et FEICOM
L’inauguration a été l’occasion de saluer l’excellence de la coopération multilatérale. Le représentant du Directeur Général de la BAD a réaffirmé l’engagement de l’institution panafricaine à soutenir le Cameroun dans la transformation structurelle de ses filières agro-pastorales, condition sine qua non de l’atteinte d’une sécurité alimentaire durable.
Toutefois, l’acteur dont le rôle a été unanimement salué est le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM). Le Fonds s’impose comme le maître d’œuvre stratégique de la décentralisation économique. En canalisant et en sécurisant les financements du PDCVEP vers la Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD), le FEICOM prouve son efficacité non seulement comme architecte financier, mais aussi comme garant de l’application des standards techniques les plus stricts au niveau local. Son expertise a été déterminante pour la traduction concrète des politiques sectorielles du MINEPIA.
L’Autonomie Locale au Service de la Filière Nationale
Dans une allocution incisive, le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) a mis en exergue la corrélation vertueuse entre ce type d’infrastructure et la politique de décentralisation. La gestion locale du marché par la Mairie de Yaoundé V est perçue comme un levier puissant pour la dynamisation du sous-secteur viande.
“Ce marché n’est pas qu’une construction, c’est un acte de formalisation économique,” a-t-il déclaré. “L’autonomie de gestion conférée à la Mairie garantit la traçabilité, l’hygiène et permet une meilleure valorisation du produit de l’élevage national, tout en augmentant les recettes fiscales communales.”
L’opérationnalisation de cette plateforme est donc un puissant instrument de lutte contre l’informel et les risques sanitaires associés. Elle consolide le rôle des CTD comme catalyseurs du développement local et acteurs majeurs de la sécurité alimentaire urbaine.
L’ inauguration de ce marché de viande à Yaoundé V est bien plus qu’une simple cérémonie. Elle est le symbole d’une synergie institutionnelle réussie entre bailleurs de fonds, État central et acteurs décentralisés, marquant l’entrée du Cameroun dans une nouvelle ère de gestion urbaine des denrées périssables, à l’aune de l’exigence citoyenne et de l’efficience économique.
GAËL TSALA NKOLO