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Digitalisation de l’état civil au Cameroun : Le nouveau contrat de confiance entre l’État et le citoyen

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Sous les dorures du Palais des Congrès, l’heure est à la révolution silencieuse mais déterminante. En ouvrant l’édition 2025 du Cameroon’s Digital Transformation Forum, le Directeur Général de l’ANTIC, le Professeur Ebot Ebot Enaw, a tracé les contours d’une ambition nationale : faire de l’identité numérique le socle d’une gouvernance inclusive et souveraine.

Le thème de cette année, « Sécuriser l’enregistrement de l’état civil : un impératif numérique pour une gouvernance inclusive », ne relève pas de la simple sémantique. Il s’agit d’une réponse directe aux défis de sous-enregistrement des naissances et de fragilité des données identitaires qui freinent encore le décollage de certaines politiques publiques.

L’Appel de l’ANTIC : De la mairie au Cloud

Face à un parterre de magistrats municipaux et de décideurs, le Pr Ebot Ebot Enaw a été incisif : l’heure n’est plus à l’hésitation. La transition vers un registre d’état civil entièrement dématérialisé est présentée comme l’unique voie pour garantir à chaque Camerounais une existence juridique inaliénable.

« La transformation numérique du Cameroun doit reposer sur trois piliers : la sécurité, l’intégrité et la confiance numérique », a martelé le Directeur Général.

Au-delà de l’aspect technique, l’accent a été mis sur la souveraineté numérique. L’ANTIC exhorte les acteurs à privilégier des solutions locales — le « Made in Cameroon » technologique — pour répondre aux réalités du terrain tout en protégeant les données sensibles de l’influence extérieure.

Des modèles de réussite comme boussole

Le forum s’appuie sur des succès concrets qui ont déjà modifié le visage de l’administration camerounaise :

COLEPS : Pour la transparence des marchés publics.

Systèmes de télédéclaration fiscale : Pour l’optimisation des recettes.

AIGLES : Pour une gestion rigoureuse des ressources de l’État.

Ces plateformes servent de preuves de concept : quand le numérique est sécurisé, il génère de la transparence, de l’efficacité et, surtout, de la reddition de comptes.

Radioscopie d’une mutation : Entre progrès et zones d’ombre

L’audit national mené par l’ANTIC en 2024 auprès de 85 institutions dans sept régions révèle un paysage contrasté. Si la culture de la cybersécurité et l’engagement des leaders sont en nette progression, des barrières structurelles persistent.

Atouts constatésDéfis à relever
Connectivité en expansionDéficit de compétences techniques spécialisées
Prise de conscience des dirigeantsRessources financières limitées
Culture de cybersécurité émergenteNiveaux d’automatisation disparates

Les chantiers prioritaires de 2025

Pour les trois jours de travaux, les experts se penchent sur une feuille de route critique :

Sanctuarisation des plateformes : Blindage des systèmes d’identité, de fiscalité et de solde contre les cyberattaques.

Interopérabilité : Casser les silos pour que les administrations communiquent de manière fluide et sécurisée.

Résilience infrastructurelle : Investir dans des serveurs et des réseaux capables de résister aux menaces hybrides.

    Un enjeu de cohésion nationale

    En réunissant secteurs public et privé, le Forum 2025 ne se contente pas de débattre de codes et d’algorithmes. Il dessine un Cameroun où chaque naissance, chaque mariage et chaque décès est protégé par une empreinte numérique infalsifiable. C’est, en somme, la construction d’une infrastructure de confiance indispensable à l’émergence du pays.


    GAËL TSALA NKOLO

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