L’inauguration de NKUL YA DZÀL à Bikok ne relève pas de la simple chronique locale. Elle illustre une mutation profonde du modèle de développement promu par le FEICOM (Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale) et ses partenaires internationaux. Au-delà du symbole folklorique du “tam-tam”, cet outil technique interroge la capacité de nos Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) à transformer l’information en un service public de proximité.

Le bras armé de la gouvernance locale
Le FEICOM, en accompagnant la mise en ondes de cette station, ne se limite pas à un rôle de bailleur de fonds pour infrastructures. Il s’inscrit dans une stratégie de gouvernance inclusive. Pour qu’une commune soit réellement « Amie des Enfants », la circulation de l’information sur l’état civil, la vaccination ou la scolarisation doit être fluide. La radio FM reste, dans nos zones rurales, le média de masse par excellence : gratuit, accessible et s’exprimant dans les langues du terroir.
Une synergie exemplaire avec l’UNICEF
L’originalité de l’expérience de Bikok réside dans la convergence des agendas. D’un côté, le bras financier de l’État (FEICOM) assure la pérennité structurelle ; de l’autre, l’expertise technique de l’UNICEF injecte un contenu normatif lié aux droits de l’enfant. Cette alliance permet de passer d’une radio “d’animation” à une radio “d’impact”.
En ouvrant les micros aux jeunes d’U-Report ou au Conseil Municipal Jeune, la commune de Bikok crée un mécanisme de redevabilité. Les autorités ne parlent plus seulement aux populations, elles écoutent le retour du terrain.
Un modèle à dupliquer ?
Le succès de NKUL YA DZÀL repose sur son insertion dans un écosystème multisectoriel : santé, eau, éducation. La radio n’est que la voix de projets concrets visibles sur le terrain. Pour les autres communes du Cameroun, l’enjeu est désormais de comprendre que le développement local ne se mesure pas seulement au nombre de bâtiments construits, mais à la capacité d’une communauté à dialoguer, à s’informer et, in fine, à protéger ses membres les plus fragiles.
GAËL TSALA NKOLO