Entrepreneuriat : Garoua au cœur de la dynamique FEMINA 2026

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Le coup d’envoi de la première édition de la foire des Manufacturières et Innovatrices Africaines (FEMINA) a été donné le 14 avril 2026 à Garoua. Sous l’égide de l’organisation Women Up Africa, ce rendez-vous économique entend transformer le potentiel des entrepreneures locales et sous-régionales en leviers de croissance durable.

Le paysage économique de la ville de Garoua s’est enrichi d’une nouvelle plateforme d’échanges. Annoncée avec une solennité certaine, la soirée inaugurale de FEMINA 2026 a tenu ses promesses de mobilisation. La cérémonie d’ouverture, présidée par l’Inspecteur Général des Services du Gouverneur, Monsieur Alim Garga — représentant personnel du Gouverneur de la Région du Nord —, a marqué le début d’une semaine consacrée à l’excellence féminine africaine.

Une vitrine du savoir-faire transfrontalier

Pendant six jours, l’événement se donne pour mission d’exposer la densité créative des femmes venues des dix régions du Cameroun et de pays voisins. La présence remarquée de délégations étrangères souligne l’ambition panafricaine du projet. Parmi elles, la République centrafricaine s’illustre par une participation active via la Fédération des Femmes Entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), soutenue par la vision de Madame Portia Deya Abazene. Le Tchad et le Sénégal complètent ce tableau de coopération économique Sud-Sud, faisant de Garoua un carrefour d’échanges techniques et commerciaux.

Le site de l’événement, qui accueille près de sept cents exposants, témoigne d’une diversité de compétences allant de l’agro-industrie à l’artisanat d’art. Cette concentration de talents répond à un objectif, celui de booster l’économie locale par l’intégration des réseaux de production féminins.

Défis structurels et stratégies de masse

Au-delà de la dimension festive, FEMINA se veut un espace de réflexion stratégique. Les premières conférences ont permis de confronter les réalités du terrain aux exigences du marché. Les débats ont notamment porté sur la massification de l’écoulement des marchandises locales, l’optimisation de la relation client et, de manière plus cruciale, l’accès aux financements. Ce dernier point demeure, selon les participants, l’obstacle majeur à l’expansion des très petites et moyennes entreprises (TPME) dirigées par des femmes.

EXPOSANTE VENUE DE LA RCA

Focus : La percée des «Pionnières de Bangui»

La délégation de la FAFECA, conduite par Madame Danwane Charlotte (fondatrice des ETS Don de Dieu), illustre la détermination des innovatrices centrafricaines. Accompagnée de figures de l’entrepreneuriat telles que Mesdames Ndarata Tunelle, Voungou Gladys ou encore Kingidili Suzanne, cette équipe expose des produits transformés, certifiés bio, qui rencontrent déjà un écho favorable sur le marché camerounais.

Pour ces pionnières, l’enjeu va au-delà de la simple exposition : il s’agit d’ancrer le «Made in Centrafrique» dans les circuits d’exportation formels. La visite de leur stand par les autorités régionales a d’ailleurs permis de saluer la qualité de la transformation des produits de base, preuve que l’industrialisation à petite échelle est un vecteur de souveraineté économique.

La foire se poursuit jusqu’au 18 avril, consolidant ainsi la position de Garoua comme pôle d’attraction pour les acteurs du développement continental.

GAËL TSALA NKOLO