Les projecteurs sont braqués sur la capitale camerounaise qui accueille, depuis ce jour au Palais des Congrès, la troisième édition des Journées Communautaires de la Finance Islamique. Placé sous le thème « Promotion et développement de la finance islamique dans la CEMAC : engagement de la communauté musulmane du Cameroun », cet événement majeur entend catalyser les énergies pour faire de ce secteur un pilier du progrès économique et social dans la sous-région.
Organisée sous le haut parrainage du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) et avec le soutien stratégique d’Afriland First Bank, cette rencontre de quatre jours est une initiative du cabinet African Islamic Finance Consulting (AIFC) en co-organisation avec la Ligue des Cadres Musulmans du Cameroun (LICAM).

Une mobilisation pour un secteur en plein essor
L’édition 2025 met un accent particulier sur la mobilisation de la communauté comme moteur de croissance pour la finance islamique. Avec des actifs mondiaux dépassant les 3 700 milliards de dollars, ce secteur représente une opportunité considérable pour la zone CEMAC. L’événement rassemble un parterre d’experts internationaux, de décideurs politiques, d’institutions financières, d’entrepreneurs et de leaders communautaires, tous réunis pour vulgariser les mécanismes de la finance islamique et présenter ses opportunités concrètes.
Pour Hassan Belibi Noah, promoteur de l’événement et Directeur Général du Cabinet AIFC, l’heure est à l’action collective. « La finance islamique est devenue une activité intégrante de la vie sociale, économique et politique des États de la CEMAC. Certaines banques se sont engagées dans son développement et sa promotion », a-t-il souligné, avant de rappeler un proverbe plein de sens : « Seul, on peut aller vite, mais ensemble, on peut aller plus loin ».
Un outil éthique pour un développement durable
Au-delà des chiffres, la finance islamique est présentée comme une alternative crédible et éthique pour relever les défis du continent. Ses principes, fondés sur le partage des profits et des pertes et l’interdiction de l’intérêt (riba), offrent un cadre propice au financement de l’économie réelle et à l’inclusion financière.
Cette vision est partagée au plus haut niveau de l’État. Selon Ayouba Damba, représentant la division de la coopération avec le monde islamique au MINEPAT, « la finance islamique devient dès lors une solution alternative durable aux problèmes de financement du développement et de la lutte contre la pauvreté ». Il a rappelé que de nombreux pays intègrent déjà avec succès ses mécanismes dans leurs économies.
En misant sur cet outil financier éthique, la CEMAC ne cherche pas seulement à diversifier ses sources de financement, mais aussi à renforcer son intégration économique et à offrir de nouvelles perspectives de prospérité à ses populations. Les travaux de Yaoundé s’annoncent donc décisifs pour tracer la voie d’un avenir financier plus inclusif et solidaire dans la sous-région.
RAISSA FOUDA