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Garoua : une offensive majeure contre l’insalubrité et les inondations

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À l’approche de la saison des pluies, la Communauté Urbaine de Garoua déploie une vaste offensive contre l’insalubrité et les risques d’inondations, une opération de salubrité publique . Portée par une distribution de 9 000 bacs à ordures issus d’un don présidentiel et un curage systématique des caniveaux, cette opération, supervisée par la Direction de l’Environnement, vise à transformer durablement le cadre de vie des populations tout en renforçant la prévention sanitaire au cœur de la cité de la Bénoué.

Directives de proximité et responsabilité citoyenne

À Garoua, la question de la propreté urbaine ne relève plus seulement de la logistique, mais d’une gestion administrative quasi chirurgicale. Pour pallier les « opacités » constatées dans certains circuits de distribution communaux, la Communauté Urbaine a fait le choix de la personnalisation des dotations.

L’ambition de la CUG est d’atteindre les zones délaissées par les circuits classiques de collecte. Pour les quartiers enclavés, inaccessibles aux camions d’Hysacam, un contrat tacite est proposé aux résidents : la Communauté fournit le bac, à charge pour le citoyen de le déplacer en bordure de voie principale lors du passage des équipes de collecte.

Au-delà des ménages, la Direction de l’Environnement a entrepris un recensement exhaustif des structures structurantes de la cité : administrations, établissements scolaires, centres de santé et lieux de culte. Le Lamidat de Garoua a ainsi reçu 100 bacs et un tricycle. « Nous ne devrions normalement plus intervenir à ce niveau, cette mission incombant aux communes d’arrondissement, précise Mme Lanvou. Mais face à l’inertie constatée, nous agissons directement pour garantir la salubrité du cadre de travail. »

Une logistique de proximité au service des ménages

L’initiative repose sur le déploiement de 9 000 bacs à ordures, actuellement en cours de distribution aux foyers de la cité. Cette mesure vise à éradiquer les dépôts sauvages qui obstruent l’espace public à Padama, Foulbere, Bibemire ou encore Roumde Adjia.

Pour Aïssatou Lanvou, Directrice de l’Environnement et du Cadre de Vie à la Communauté Urbaine, l’outil technique doit induire un changement de paradigme comportemental :

« Ce bac plastique hermétique est conçu pour un usage durable. Il permet un stockage sain des déchets ménagers avant leur évacuation. Notre recommandation est stricte : plus aucune ordure ne doit finir sa course dans les caniveaux. »

Vers un engagement contractuel des bénéficiaires

Pour les ménages désireux d’obtenir un bac individuel, la procédure se formalise. Une demande timbrée adressée au Maire de la ville, accompagnée d’une pièce d’identité, est désormais requise. Cette démarche vise à s’assurer de la motivation du demandeur et permet un suivi post-distribution. Des équipes de terrain effectueront des descentes inopinées pour vérifier l’usage à bon escient du matériel octroyé.

La stratégie s’étend enfin aux marchés, pôles majeurs de production de déchets. Au marché BEAC, qui compte plus de 2 500 commerçants, la distribution s’organise par couloirs sous la supervision de coordonnateurs responsables. L’objectif final est limpide : instaurer une culture de la responsabilité partagée pour que la propreté de Garoua ne soit plus une option, mais une réalité pérenne.

Prévenir les risques hydriques

Parallèlement à cette distribution, une caravane de la CUG procède au curage systématique des conduits d’évacuation des eaux pluviales et au drainage des caniveaux, notamment dans les quartiers Yelwa et Plateau. Ces travaux de génie urbain ont pour but de restaurer la fluidité hydraulique de la ville, limitant ainsi les risques d’inondations récurrentes qui, chaque année, fragilisent le tissu social et économique des familles locales.

Un engagement communautaire renforcé

L’accueil des populations témoigne d’une prise de conscience des enjeux sanitaires liés à l’hygiène urbaine. En réduisant les zones de stagnation et d’accumulation de déchets, la municipalité cible directement les vecteurs du choléra et du paludisme.

Cette dynamique est soutenue par les autorités traditionnelles, à l’instar de Sa Majesté Adamou Abdou, chef du quartier Padama, qui appelle à une discipline collective : « Voir ces équipements à Garoua marque une évolution concrète. Désormais, le maintien de la propreté relève de la responsabilité de chaque citoyen. Le suivi avec les services d’hygiène sera rigoureux pour assurer l’efficacité de cette dotation. »

Au-delà de l’assainissement, l’élagage des arbres et l’embellissement des artères complètent ce dispositif. Garoua se prépare ainsi à affronter les aléas climatiques avec une infrastructure renforcée et une stratégie de prévention cohérente.

GAËL TSALA NKOLO

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