Le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM) a ouvert ses portes, ce vendredi, à la session inaugurale de l’année 2026 des “Grands Débats”. Ce forum de concertation, désormais institutionnalisé, a réuni un panel d’acteurs stratégiques : exécutifs régionaux et communaux, départements ministériels sectoriels et institutions financières. Au centre de cette synergie institutionnelle, une interrogation fondamentale : comment repenser le financement des infrastructures et des équipements des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) face aux impératifs d’efficacité ?

Une Confrontation de Modèles et de Réalités
La session a été rythmée par une série d’exposés techniques, offrant une vision transversale de la chaîne de valeur du développement local. La Communauté Urbaine de Douala (CUD) a partagé son expertise opérationnelle, suivie des analyses prospectives du FEICOM. De leur côté, le Ministère des Finances et le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire ont apporté l’éclairage nécessaire sur les cadrages macroéconomiques et les contraintes budgétaires de l’État.
Ces interventions ont mis en lumière une dichotomie frappante : si la mobilisation des ressources pour la construction de nouveaux ouvrages demeure une priorité, la gestion du patrimoine existant souffre d’un déficit de structuration.
L’Angle Mort de la Maintenance
Le diagnostic posé lors des échanges est sans appel. Les débats ont révélé que la maintenance des infrastructures constitue le maillon faible des politiques locales de développement. Trop souvent perçue comme une variable d’ajustement budgétaire, l’entretien des équipements pâtit d’une planification aléatoire et d’une allocation financière insuffisante.
Cette négligence engendre un cycle de dégradation précoce des ouvrages, obligeant les décideurs à financer des réhabilitations coûteuses qui auraient pu être évitées par une maintenance préventive rigoureuse.
Vers une Gouvernance de la Pérennité
L’issue de cette première session de 2026 marque un tournant doctrinal pour les participants. La recommandation majeure porte sur l’impérative planification de la maintenance. Il ne s’agit plus seulement de bâtir, mais de garantir la survie technique et fonctionnelle des investissements.
L’objectif final est double :
- Assurer la pérennité des actifs publics pour optimiser chaque franc investi par la collectivité.
- Garantir un service continu aux usagers, la qualité des infrastructures étant directement corrélée au bien-être durable des populations.
En replaçant la maintenance au sommet de l’agenda politique, le FEICOM et ses partenaires affirment une volonté de passer d’un urbanisme de l’urgence à une stratégie de développement territorial résiliente.
GAËL TSALA NKOLO