Un climat de terreur et d’incertitude règne sur la commune de l’arrondissement de Tcheboa à Ngong, dans le département de la Benoué , région du Nord, après qu’un incendie d’origine criminelle ait totalement ravagé le domicile de son Maire, Amadou Ahiwa, dans la soirée de ce lundi 27 octobre 2025. Plus alarmant encore, le premier magistrat, militant notoire du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) et fervent soutien du Président Paul Biya, est introuvable.
L’incendie criminel qui a ravagé, ce lundi soir, la résidence d’Amadou Ahiwa, Maire de l’arrondissement de Tcheboa, n’est pas un fait divers anodin. Il est l’expression brutale et systémique d’une menace ciblée contre un élu local, fidèle soutien du Président Paul Biya, réélu quelques minutes plus tôt à la présidentielle de 2025. Cet événement grave met en lumière la fragilité de la sécurité des acteurs politiques et marque une dangereuse escalade du contentieux post-électoral dans la région du Nord.

L’heure de l’attaque : Quelques minutes fatidiques
L’acte, d’une violence inouïe, s’est déroulé dans un timing qui ne laisse aucune place au doute quant à sa motivation politique. Selon des témoins sur place, l’attaque a eu lieu quelques minutes seulement après la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle de 2025, confirmant la victoire du Président Paul Biya.
Le mode opératoire révèle une préméditation : la clôture de la résidence a été brisée, les portes forcées, avant que l’édifice ne soit livré aux flammes. L’incendie a consumé la totalité de l’habitation et réduit en cendres de nombreux biens de valeur, plongeant la localité dans la stupeur.
Les assaillants ont opéré avec une violence préméditée : la clôture brisée, les portes forcées, et l’édifice totalement consumé par les flammes, réduisant en cendres des biens de valeur. Dans le prisme de l’analyse politique, cet acte dépasse la notion de vandalisme. Il s’agit d’une tentative d’intimidation politique par la terreur, matérialisant les menaces que le Maire Ahiwa aurait reçues durant la campagne électorale particulièrement serrée.
Le mobile, selon des témoins et sources proches, serait l’unique “tort” d’Amadou Ahiwa : avoir affiché ouvertement et fidèlement son soutien au candidat victorieux. Ce scénario dénonce une radicalisation où l’allégeance au parti au pouvoir devient une cible criminelle.
Disparition Inquiétante : L’État de Droit en Question
La situation atteint un niveau de crise avec la disparition inquiétante d’Amadou Ahiwa. Au moment où cet article est mis sous presse, le premier magistrat demeure introuvable. Des sources fiables estiment que l’élu est désormais en danger de mort.
Un Maire est le représentant de l’autorité de l’État dans sa circonscription. Sa sécurité relève de la responsabilité souveraine des pouvoirs publics. La non-anticipation d’une telle menace, malgré le climat tendu, soulève des questions fondamentales :
- Capacité Sécuritaire : L’appareil sécuritaire local a-t-il les moyens d’anticiper et de neutraliser les menaces ciblées contre les figures politiques en période de haute polarisation ?
- Acceptation Démocratique : Si le soutien à un vainqueur légalement proclamé devient un casus belli menaçant la vie, c’est l’essence même du jeu démocratique pluraliste — où les opinions sont protégées — qui est sapée.
Urgence Nationale : Appel à la Désescalade
Face à ce contexte de terreur, un appel pressant est lancé aux plus hautes autorités administratives et sécuritaires. L’urgence est double :
- Localiser et protéger Amadou Ahiwa pour garantir l’intégrité physique d’un élu de la République.
- Mener une enquête rapide et transparente pour identifier et sanctionner les commanditaires et exécutants de cet acte criminel.
L’État doit adresser un signal sans équivoque : la violence politique, dirigée contre un élu en raison de son allégeance, est une ligne rouge infranchissable. À défaut d’une réaction immédiate et vigoureuse, l’incident de Tcheboa pourrait devenir le tragique catalyseur d’une spirale de représailles, menaçant la cohésion sociale et la stabilité d’une région déjà fragile.
Le cas d’Amadou Ahiwa est désormais un test décisif pour l’État de Droit et la résilience démocratique du pays dans l’environnement post-électoral.
GAËL TSALA NKOLO