Après la dévastation, l’espoir renaît dans la commune d’arrondissement de Tcheboa à Ngong . Malgré les ruines fumantes qui témoignent d’une violence sans précédent, les activités municipales ont officiellement repris ce lundi 16 novembre 2025, marquant, selon le Maire Hamadou Ahiwa, « la victoire du courage sur la peur. » Cette déclaration, faite lors du lancement des travaux de réhabilitation, est un manifeste de résilience face à l’étendue des destructions qui ont secoué la localité de Ngong.

Depuis son élection à la tête de la commune d’arrondissement de Ngong, nichée dans le département de la Benoue à quelques kilomètres de Garoua, capitale régionale du Nord, l’officier de police judiciaire Hamadou Ahiwa se distingue par son engagement sans faille et ses initiatives novatrices. Son dynamisme a significativement contribué à la transformation et au développement durable de la commune d’arrondissement dont il a la charge depuis 2013. Le chef de l’exécutif communal de Tcheboa à Ngong a consciemment élargi le prisme de sa fonction depuis son élection . Si son rôle institutionnel est clair — être le pivot assurant la continuité entre l’administration centrale et la vie du citoyen — sa pratique en fait une figure d’apostolat de proximité.
Un Bilan Cataclysmique et des Pertes Symboliques
L’ampleur du désastre est double : matérielle et affective. Le Maire Ahiwa, bien que profondément affecté, a transformé son épreuve personnelle en « élément de motivation pour aller de l’avant. » Il a perdu cinq de ses maisons, mais déplore surtout la disparition de biens à la valeur inestimable, comme une calebasse offerte par sa reine mère – un « patrimoine que rien ne saurait substituer » – et un bracelet reçu de la famille de l’ancien Président américain Barack Obama lors de son séjour au Kenya. Ces reliques symbolisent le coût immatériel du chaos.
Sur le plan communal, les chiffres sont alarmants. L’évaluation provisoire des pertes municipales dépasse un demi-milliard de francs CFA, un coup dur pour les efforts de développement.
Infrastructures Dévastées : La salle polyvalente est anéantie et l’administration est désormais « en cendre ».
Administration Paralysée : Tout le matériel des bureaux, du cabinet du Maire aux services techniques, a été détruit.
Équipements de Service Public Perdu : Véhicules, dix tricycles, un fourgon de transport du bétail, deux motopompes, le groupe électrogène, et des atomiseurs ont été mis hors d’usage.
Patrimoine Civil Détruit : La perte la plus critique est celle des actes administratifs. Le Maire résume la situation : « Tout est à refaire à la commune d’arrondissement de Tcheboa. » La destruction des archives, notamment des actes de naissance, compromet sérieusement l’état civil de nombreux résidents.
Ultime interface face aux misères quotidiennes : état civil, urbanisme, sécurité, services publics. Pour Ahiwa, le maire n’est pas un simple gestionnaire de budget ; il est le porteur d’une vision pour l’avenir communal. C’est dans ce rôle qu’il transcende la simple application des lois et règlements pour s’engager dans la concertation, la recherche incessante de financements (tels que les programmes accessibles mis en place pour résorber la faiblesse de financement des communes camerounaises), et l’impulsion de projets structurants. Son mandat se cristallise autour du triptyque paix, sécurité et bien-être des populations, le plaçant dans une dynamique de labeur perpétuel pour la quiétude collective. C’est dans cette perspective que le premier magistrat de Ngong a ouvert comme à la coutumée le dialogue social à l’esplanade de l’édifice encours de finition sous un soleil au zénith ,un investissement financé par le FEICOM en collaboration avec le Crédit Foncier du Cameroun partenaires communales.
Le Serment de Ngong : La Communauté S’unit pour la Paix
L’onde de choc a initialement engendré un sentiment d’abattement chez le personnel. L’agent Mendipe a exprimé la désolation générale : « On est foutu, tous nos bureaux ont été réduits en cendre. Nous sommes tristes, nous n’avons pas la force de travailler. »
Cependant, face à cette crise, la société civile a amorcé un sursaut d’orgueil communautaire. Belassiri Daniel, Président du Comité de Vigilance de Ngong,par ailleurs président du comité de défense de la commune, a rallié les jeunes avec un message clair : « mais les gars cette commune est chez-nous, nous ne pouvons pas laisser d’autres jeunes venir jouer avec l’avenir de nos enfants ! »
Une réunion avec les aînés a abouti à un « engagement ferme » pour la paix et la stabilité. L’attitude « paternelle » du Maire dans l’adversité a servi de catalyseur. Pour Woultambi tadé, un autre résident, la ligne rouge a été franchie avec la destruction des documents vitaux : « brûlant la commune avec tous nos actes de naissances et ceux de nos enfants ainsi que toutes nos autres pièces avec , nous disons ça va ! Nous ne pouvons l’accepter et c’est pour cette raison que nous disons c’est terminé ! ».
Au moment où la nation toute entière se lève comme un seul Homme pour aller en guerre contre le phénomène des enfants « fantômes », la commune de Ngong refuse de se permettre le luxe de briller par l’existence des apatrides sur son territoire . Après le tout premier forum national sur l’enregistrement de naissance tenu dans la ville de Yaoundé ,la commune a mené plusieurs initiales : « Dès mon retour de Yaoundé, j’ai réuni le personnel de l’état civil pour souligner l’importance de l’enregistrement des naissances. Nous avons mis en place des transcripteurs dans les formations sanitaires et collaboré avec les chefs traditionnels pour répertorier et enregistrer chaque naissance. Ces actions visent à éliminer le phénomène des enfants fantômes dans notre commune. »
La commune de Tcheboa, bien que physiquement en ruine, se reconstruit sur les bases d’une volonté politique et populaire inébranlable. Malgré l’ampleur colossale des travaux, le message est unanime : l’esprit communautaire, galvanisé par la douleur, refuse la fatalité et s’engage résolument sur la voie de la reconstruction et de la stabilité.
GAËL TSALA NKOLO