L’inauguration conjointe du nouvel hôtel de ville et de la cité municipale de Diang, ce mercredi 27 mai 2026, dépasse le cadre de la simple chronique des chantiers achevés. Sous la présidence du ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, cet événement pose une question fondamentale : comment donner corps à l’action publique loin des grands centres urbains ? La réponse ne réside pas seulement dans le béton ou les investissements du FEICOM et du Crédit Foncier du Cameroun, mais dans la sédentarisation des compétences et la dignité retrouvée du service public en milieu rural.

Pendant longtemps, les municipalités de l’arrière-pays ont souffert d’un mal invisible mais profond : l’absentéisme structurel de leurs cadres, contraints de résider dans les chefs-lieux régionaux faute de conditions de vie décentes sur place. À Diang, localité de l’Est s’étendant sur 831 km2, la rupture avec cette précarité géographique est désormais consommée.

La fin du nomadisme administratif
La mise en service des six logements de la cité municipale offre une solution concrète à ce défi logistique. En fixant des loyers mensuels de 20 000 francs CFA pour les types T2 et 30 000 francs CFA pour les T3, la municipalité choisit une approche réaliste et accessible pour ses agents.
Ndinga Serges Michel, Secrétaire général de la commune de Diang, en témoigne directement :
« Nous avons deux types de logement : les T2 et les T3 constitués d’une chambre, une douche et un salon au coût global mensuel de 20 mille francs CFA. Pour les T3, c’est deux chambres, salon, une douche, cuisine et les montants sont fixés à 30 mille francs par l’organe délibérant. Tous ces espaces sont confortables, la preuve j’y vis et j’ai des collaborateurs qui y vivent également. C’est une très grande chance de les avoir. Partir de Bertoua pour Diang tel que ce fut le cas par le passé était très pénible. Vous convenez avec moi qu’aujourd’hui c’est un ouf de soulagement. »

Cette sédentarisation transforme radicalement la perception de la présence de l’État et de la commune auprès des populations, un constat partagé par les autorités traditionnelles locales qui y voient un levier de performance économique et administrative.
S.M Mbella Vom, chef de troisième degré du village Andom, souligne cet impact global :
« Nous venons d’assister à l’inauguration de l’hôtel de ville de Diang par le ministre. Ce que le ministre a tenu comme discours cadre avec ce que nous, populations de Diang, pensons. Au 21ème siècle, les populations ne doivent plus travailler dans des bureaux qui ne cadrent pas avec le modernisme et c’est pourquoi nous disons merci au FEICOM. Les fonctionnaires tricheurs qui prenaient pour prétexte qu’il n’y avait pas de logement et faisaient alors le choix de rester à Bertoua peuvent maintenant habiter ici et j’ose croire que le service sera de qualité cette fois-ci. Ces logements viendront accroître notre démographie et par là notre économie sera boostée. Le commerçant va vendre son pain, l’agriculteur aussi aura la certitude de vendre ses denrées sur place, le boutiquier va vendre sa boîte de sardine et l’économie tournera à Diang. »

Une infrastructure moderne pour un service exigeant
Le nouvel hôtel de ville, bâtiment sur deux niveaux flanqué d’une salle polyvalente de 100 places, de 12 bureaux fonctionnels et équipé d’un forage solaire, illustre la volonté de moderniser les outils de gestion locale. L’enjeu est désormais de traduire cette amélioration matérielle en gains d’efficacité pour les usagers, une attente exprimée sans détour par la tutelle ministérielle.
Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local, rappelle les exigences liées à ces investissements :
« Je me réjouis de ce que les populations de Diang font de leur ville. Le magnifique hôtel de ville que nous avons mis en service est original. Le cheminement entre l’hôtel de ville et les cités municipales est un plaisir. Cela veut dire que quand un maire est sérieux et qu’il prend son travail au sérieux, il fait des choses sérieuses, on a envie de revenir à Diang. Il était bon que les communautés de la dimension de celles-ci puissent se doter d’un équipement de travail digne des grands centres urbains. Je dis bravo au maire, je félicite le FEICOM, je félicite le Crédit Foncier, je remercie l’administration qui les encadre. J’aurai besoin de ressentir que les populations sont de plus en plus satisfaites par les services qui leur sont rendus à la mairie parce que ceux qui y travaillent sont très bien installés. J’ai le souci que ceux qui habitent ces cités les entretiennent comme leurs propres biens et naturellement qu’ils s’acquittent de leurs loyers. »

Du côté de l’exécutif municipal et du personnel, la réception de ces clés marque à la fois l’aboutissement d’un cap et le début d’une nouvelle responsabilité managériale, sous le regard vigilant des citoyens.
Le Maire de la commune de Diang exprime sa reconnaissance institutionnelle :
« Je voudrais exprimer une grande joie du fait que nous avons reçu définitivement ces infrastructures et nous disons merci au président Paul Biya qui a toujours voulu moderniser le cadre de travail de ses concitoyens. Merci au ministre qui diligente cette vision. Merci au Directeur général du FEICOM et du Crédit Foncier du Cameroun. Diang est en train de décoller. »

Ebony Armand, agent communal, résume l’état d’esprit du personnel face à ce nouveau départ :
« Nous sommes fiers de cet événement et nous souhaitons que le maire prenne le relais avec l’élan qu’avait son prédécesseur. »

L’alignement sur les standards de développement
En coïncidant avec la célébration de la fête de l’Aïd al-Adha, ce moment de rassemblement réaffirme la vocation inclusive des équipements collectifs. Ces réalisations à Diang s’inscrivent de fait dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, notamment l’ODD 8 pour le travail décent et l’ODD 11 pour les communautés durables.

La présence à la cérémonie du Ministre Délégué auprès de la Présidence de la République chargé des Relations avec les Assemblées, le Professeur François Bolvine Wakata, confirme l’importance accordée par l’État à la réussite de ces pôles de développement locaux. L’exemple de Diang démontre que la décentralisation produit ses effets les plus mesurables lorsqu’elle s’attaque simultanément aux conditions de travail des agents et à la qualité de l’accueil dû aux populations.
GAËL TSALA NKOLO




