Alors que le Président Paul Biya annonce sa candidature pour la présidentielle du 12 octobre 2025, une relecture lucide de son bilan s’impose. À l’image d’un élève modifiant ses notes pour masquer un échec, le pouvoir en place semble vouloir présenter un “relevé falsifié”, maquillant les échecs et amplifiant les succès.
Une illusion de progrès sur fond de stagnation

Promesse phare de 2018 : relancer l’économie, créer des emplois, apaiser les régions anglophones, lutter contre la corruption et moderniser les infrastructures. En réalité, la croissance stagne à 3,8 % (FMI, 2022), contre 7,45 % en 1982. L’inflation rogne les revenus, le chômage des jeunes dépasse 6 %, et l’économie informelle prospère. À Garoua, Dorothée Ambomo, commerçante, témoigne : « Avant, je vendais 10 sacs de riz. Aujourd’hui, j’en écoule à peine deux. »
La corruption toujours reine
Malgré des discours musclés, aucune figure majeure n’a été traduite en justice. Les affaires Glencore, COVID-19 et CAN n’ont donné lieu à aucune condamnation notable. Un activiste affirme : « L’impunité est devenue une culture. »

Le conflit anglophone : un échec de dialogue
Sept ans après, la crise perdure. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent sous tension. Les écoles ferment, les populations fuient. « Nous avons besoin de dialogue, pas d’armes », insiste un résident de Bamenda. Le silence du pouvoir est perçu comme un abandon.
Des infrastructures promises mais inachevées
Si quelques projets ont vu le jour, la Ring Road de Bamenda attend toujours depuis 1987. Les axes Douala-Bamenda et Douala-Yaoundé nécessitent des rénovations d’urgence. L’aménagement du territoire reste déséquilibré, au détriment des zones rurales.
Un “bilan” politique en trompe-l’œil
Le Président Biya affirme que ses résultats sont « palpables ». Pourtant, les indicateurs sociaux, économiques et sécuritaires racontent une autre histoire. Ce fossé entre discours et réalité reflète une gouvernance où l’affichage prime sur les faits.
Une presse responsable face à l’opacité du pouvoir
Dans ce contexte, le rôle de la presse indépendante devient vital. Informer, confronter, vérifier : autant de missions pour contrer la logique du « relevé falsifié ». L’histoire retiendra ceux qui auront osé dire la vérité, même quand cela dérange.




