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L’IFTS-AH de Garoua en Première Ligne : L’Outil “Fenêtre de Johari” au Cœur de la Lutte contre les VBG

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Face à une recrudescence alarmante des violences basées sur le genre (VBG), un atelier crucial s’est tenu récemment à Garoua, mettant en lumière des approches novatrices pour l’accompagnement des victimes. Organisé par l’Institut de formation des Travailleurs Sociaux et l’Action Humanitaire de Garoua (IFTS-AH), l’événement a rassemblé des membres de la société civile pour une formation intensive sur la santé mentale et le bien-être psychosocial des victimes.

Mieux Comprendre les VBG pour Mieux Agir

L’atelier, animé par deux experts de premier plan, Pascal Souloukna et Ibrahim née Mamma Ladang, tous deux Inspecteurs principaux des Affaires Sociales, a plongé les participants au cœur d’une problématique mondiale qui frappe également durement le Cameroun. Les formateurs ont détaillé les différents types et formes de VBG, expliquant leurs causes profondes et leurs conséquences dévastatrices sur la santé mentale des victimes. L’objectif était de fournir aux participants les outils et les méthodes nécessaires pour offrir un accompagnement efficace et quotidien aux survivants et survivantes.

La Fenêtre de Johari : Un Concept Clé pour la Prise en Charge

Un des points forts de la formation a été l’introduction de la Fenêtre de Johari, un outil psychologique puissant qui permet de mieux comprendre la dynamique des relations interpersonnelles et la perception de soi. Cet outil, à travers ses quatre zones (publique, aveugle, cachée, et inconnue), aide à identifier les aspects de la personnalité connus ou inconnus de soi et des autres.
Appliqué au contexte des VBG, cet outil se révèle particulièrement pertinent. Il aide à :

  • La zone publique : Reconnaître et verbaliser les violences subies, une étape essentielle vers la reconstruction.
  • La zone aveugle : Mettre en lumière les traumatismes et les comportements liés à la violence que la victime ne perçoit pas elle-même, mais que son entourage ou le travailleur social peut identifier.
  • La zone cachée : Respecter les aspects de l’expérience que la victime choisit de ne pas divulguer, instaurant ainsi un climat de confiance nécessaire à la thérapie.
  • La zone inconnue : Explorer les sources de force et de résilience insoupçonnées, souvent révélées lors du processus d’accompagnement.
    En se servant de cet outil, les travailleurs sociaux sont mieux équipés pour guider les victimes sur le chemin de la guérison, en les aidant à se reconnecter à elles-mêmes et à reconstruire leur identité au-delà du traumatisme.

Un Combat Mondial et National

Les chiffres présentés lors de l’atelier sont glaçants et rappellent l’urgence d’agir. Selon le rapport “Féminicides en 2023” d’ONU Femmes et de l’ONUDC, 85 000 femmes et filles ont été tuées intentionnellement dans le monde cette année-là, dont 60 % par un partenaire intime ou un membre de la famille. Cela équivaut à un féminicide toutes les dix minutes.

Ces statistiques trouvent un écho tragique au Cameroun. D’après l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2018, 44 % des femmes de 15-49 ans en union ou en rupture d’union déclarent avoir subi des violences conjugales. Pire, le pays a recensé plus de 30 féminicides depuis janvier 2025, un chiffre alarmant qui souligne l’ampleur du problème. L’atelier a également soulevé la question des violences numériques, une forme de VBG en pleine expansion alimentée par la misogynie et le cyberharcèlement, qui prend des formes insidieuses comme les “deepfakes” et la divulgation de données personnelles.

L’Engagement de l’IFTS-AH pour un Avenir Sûr

À travers cet atelier, l’IFTS-AH a réaffirmé son engagement indéfectible dans la lutte contre toutes les formes de VBG, y compris les pratiques culturelles néfastes et les mariages d’enfants. En formant des acteurs de terrain, l’institut se positionne comme un pilier essentiel dans la prévention et l’éradication de ces violences, en offrant un espoir de guérison et de dignité aux victimes. Le combat est loin d’être terminé, mais des initiatives comme celle-ci sont la preuve qu’une société plus juste et plus sûre pour les femmes et les filles est possible.

GAËL TSALA NKOLO

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